Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Une politique d’extermination voulue par le gouvernement brésilien

    Zurich : Appel de Mgr Kräutler en faveur des indiens d’Amazonie (270390)

    Zurich, 27mars(APIC) Ce qui se passe en Amazonie, c’est de la "folie pure", "un vrai génocide", affirme Mgr Erwin Kräutler, évêque de la prélature

    territoriale de Xingu, dans l’Etat de Para, en pleine forêt amazonienne.

    L’"avocat des Indiens", comme on le surnomme au Brésil, était de passage

    mardi à Zurich à l’invitation de l’Action de Carême. Il s’est montré plutôt

    pessimiste sur la volonté du nouveau président brésilien Collor de Melo de

    faire respecter la Constitution et de faire sortir les 50’000 chercheurs

    d’or qui ont envahi illégalement les réserves indiennes d’Amazonie.

    On n’est pas encore au clair sur la politique du gouvernement Collor, at-il souligné, mais le nouveau président tient un langage ambigu : d’un côté, il affirme vouloir préserver l’Amazonie et a nommé le célèbre écologiste José Lutzenberger secrétaire d’Etat à l’environnement; de l’autre, il

    affirme vouloir ouvrir l’Amazonie aux investissements privés brésiliens et

    aux multinationales. De plus, la politique indigéniste reste soumise au

    Conseil National de Sécurité, c’est-à-dire aux intérêts des militaires. Le

    projet militaire "Calha Norte", qui a permis l’établissement de bases militaires dans les réserves indiennes pourtant protégées par la Constitution,

    a fait perdre, dans la région d’Alto Rio Negro plus des trois-quarts des

    terres des Yanomami et près de la moitié de celles des Ticuna.

    Sur quelque 10’000 Yanomami, près de 1’500 sont déjà morts des suites de

    la pénétration des chercheurs d’or dans leurs réserves : des indiens sont

    assassinés, sans que la police ou l’armée ne les protègent, bien au contraire; la majorité des victimes sont causées par l’introduction de maladies contre lesquelles les indiens ne sont pas immunisés, par l’empoisonnement des fleuves sur des centaines de kilomètres par les boues, les hydrocarbures et le mercure rejetés par les chercheurs d’or. Quand il ne s’agit

    pas de destruction physique de populations, on les corrompt moralement :

    ainsi apparaissent la prostitution et l’alcoolisme, et grâce à l’argent

    donné à certains chefs, même la télévision est arrivée en pleine Amazonie,

    des antennes paraboliques ayant été installées dans certains villages indiens.

    "Nous ne sommes ni des révolutionnaires, ni des marginaux"

    "Si l’on ne peut les anéantir physiquement, on détruit leur âme", affirme Mgr Kräutler, président du Conseil Indigéniste Missionnaire (CIMI), une

    organisation qui a le soutien total de la Conférence nationale des évêques

    du Brésil (CNBB) et qui travaille également main dans la main avec les

    Eglises luthérienne, méthodiste et anglicane. "Nous ne sommes ni des révolutionnaires, ni des marginaux dans l’Eglise, nous avons l’appui de l’épiscopat et le pape m’a même encouragé", affirme le prélat d’origine autrichienne, qui demande seulement le respect de la Constitution qui garantit

    les droits des indiens.

    Mais face au lobby économique - gros propriétaires terriens, militaires,

    compagnies minières nationales et transnationales, exploitants de bois précieux et chercheurs d’or chassés de la campagne par l’accaparement des terres par quelques-uns - l’Eglise est accusée de vouloir "internationaliser"

    l’Amazonie, porter atteinte ainsi à la souveraineté nationale du Brésil et

    à sa capacité économique.

    "Tu es le président du CIMI, je vais te tuer!"

    Ce combat de l’Eglise "pour le droit à la vie", pour empêcher le génocide des populations indiennes - ils étaient 7 à 10 millions avant l’arrivée

    des colons portugais, encore un million au début du siècle, mais moins de

    300’000 aujourd’hui - n’est pas sans risques et plusieurs collaborateurs du

    CIMI l’ont payé de leur propre vie. Mgr Kräutler a été plusieurs fois

    agressé "par des inconnus", la dernière fois le 27 janvier dernier quand un

    homme l’a attaqué à coups de poings dans sa demeure à Altamira, en déclarant : "Tu es le président du CIMI, je vais te tuer!".

    Le 22 décembre, lors d’une messe dans une église à une cinquantaine de

    kilomètres de Xingu, il s’était fait copieusement insulter par un grand

    propriétaire terrien pour avoir pris la défense des indiens. A la veille de

    Noël, un bulldozer, à la lumière des phares de camions, a complètement rasé

    l’église. Plainte a été déposée, mais l’évêque de Xingu n’a pas grand

    espoir que la justice punisse les responsables. Si l’on n’emprisonne pas

    les tueurs à gages pour des crimes commis sur demande de grands

    propriétaires terriens, il n’y a en effet pas de raison que l’on punisse

    les auteurs de la destruction d’une église...

    L’Eglise brésilienne, précise Mgr Kräutler, comprend la détresse des

    chercheurs d’or - eux-mêmes chassés de leurs terres par les spéculateurs et demande pour les paysans et travailleurs agricoles une vraie réforme

    agraire. A Xingu, l’Eglise a déjà donné l’exemple et ses terres ont été divisées en parcelles et remises aux paysans. (apic/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus