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    Zimbabwe: Robert Mugabe s’en prend violemment à l’archevêque Pius Ncube

    "Trop proche de l’opposition"

    Harare, 22 août 2004 (Apic) Robert Mugabe, président du Zimbabwe, a violemment critiqué, samedi, l’archevêque de Bulawayo, la seconde ville du pays. Il a accusé Mgr Pius Ncube, son vieil ami, d’être très proche de l’opposition et des adversaires de sa politique de réforme agraire.

    Introduite en février 2002, la politique agraire de Mugabe a permis de chasser les fermiers blancs de leurs exploitations agricoles. Leurs terres ont ensuite été redistribuées aux partisans du régime. La communauté internationale a condamné ces occupations jugées "illégales".

    Dans un discours prononcé lors de l’installation du nouvel archevêque de Harare, le président Mugabe a dénoncé "les responsables religieux qui défendent les thèses de l’opposition au lieu de parler du gouvernement", rapporte la radio panafricaine "Africa n°1. L’archevêque de Bulawayo, même s’il n’a pas été cité, est directement visé par ces propos. Ces derniers jours, il avait mis en cause la politique agricole du pays et prédit que beaucoup de Zimbabwéens pourraient manquer de nourriture dans les prochains mois.

    Mise sous contrôle des Ong

    Le président zimbabwéen s’en est aussi pris aux associations religieuses. Il a d’ailleurs saisi son parlement, la semaine dernière, d’un projet de loi sur les activités des Organisations Non Gouvernementales (Ong). Ce texte propose notamment la création d’un Conseil des Ong de quatorze membres, dont neuf membres issus du gouvernement et cinq des organisations elles-mêmes. Ce futur Conseil aura tous les droits d’enquêter sur la validité des objectifs des Ong, de leur délivrer des licences et des accréditations.

    Le président Mugabe a justifié l’introduction de cette loi par "la nécessité de rationaliser la macro-administration de ces associations", c’est-à-dire les "contrôler beaucoup plus que maintenant". Selon lui, des Ong travaillent "main dans la main avec les pays occidentaux contre lui et sa politique".

    Le président du groupe de pression de la société civile a dénoncé le projet de loi qu’il a qualifié de "inique". "Il n’a qu’un seul but: celui d’étouffer l’action des Ong", a-t-il affirmé. (apic/ibc/bb)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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