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    Rompre l’isolement des malades

    Zimbabwe: Les Eglises s’engagent contre le sida

    Harare, 31 octobre 2003 (Apic) Il y a quatre ans, Tineyi Mavhu - nom fictif -, un jeune Zimbabwéen, est tombé malade. Le diagnostic est tombé: séropositif. Le monde s’écroulait. La fuite des amis. Et les enchaînements qui suivent, dans ce pays où meurent chaque semaine 2’500 personnes du sida. Aujourd’hui, il est aidé par un programme lancé par des Eglises. Témoignage.

    "Le mardi matin où j’ai reçu les résultats de mon test est resté gravé dans ma mémoire". Pour cet ancien consultant d’affaires, âgé de 28 ans, "c’était comme si j’écoutais un juge prononçant une condamnation à mort. Pendant un instant, j’ai eu un passage à vide et j’ai vu une vie sans amis, sans famille, abandonné de tous".

    Comme il l’a prévu, alors que l’état de Tineyi Mavhu s’aggravait, son groupe d’amis, de compagnons de bar et de connaissances s’est peu à peu réduit. "J’ai décidé de dire ce que j’avais à quelques amis en qui j’avais confiance, mais en quelques mois, tout le monde le savait et je me suis retrouvé seul. Tout le monde me fuyait", confie Tineyi Mahvu qui a quitté son travail, avant de rejoindre ses parents dans le district de Chirumanzu, au sud de Harare.

    Ce jeune homme n’est pas le seul à connaître l’isolement social en raison de sa maladie. Des milliers de jeunes hommes et femmes rejetés par leurs amis et des membres de leur famille se retrouvent seuls dés que les autres savent qu’ils sont affectés par le sida.

    Le préjugé lié à ce fléau est si fort que, selon divers articles de presse, 450 personnes se sont suicidées l’an dernier au Zimbabwe après avoir été déclarées séropositives.

    Tineyi Mavhu s’estime pourtant heureux car il a reçu l’aide de Ruvheneko, un programme de prévention et de soins du sida lancé en juin par les Eglises et communautés du district de Chirumanzu. "Je dois ma vie à ces gens d’Eglise qui me visitent parfois et me prodiguent des messages d’encouragement", relève Tineyi Mahvu, qui admet avoir voulu se suicider car il ne supportait plus l’isolement.

    Renforcé

    Aujourd’hui, poursuit-il, "ces pensées suicidaires ont disparu. Je me sens renforcé chaque fois que les gens de Ruvheneko me rendent visite, ou lorsque je vais aux réunions qu’ils organisent. Je ne pense plus que je vais mourir le lendemain".

    Ruvheneko est un terme local, signifiant "forte lumière". Le centre principal du projet se trouve à l’hôpital missionnaire de Sainte-Thérése à Mvuma, avec des dispensaires dans d’autres centres du district collaborant avec les hôpitaux missionnaires locaux. Le projet comprend aussi la pratique des tests de dépistage et le soutien psychologique.

    Environ 2’500 personnes meurent chaque semaine au Zimbabwe de maladies liées au sida. (apic/eni/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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