Zimbabwe : le pape rencontre les (120988)
Appel à la réconciliation nationale au Zimbabwe
Bulawayo, 12septembre(APIC/CIP) Après avoir, dans la matinée, célébré une
messe sur le thème de l’unité, c’est un appel à oeuvrer à la réconciliation
nationale que le pape Jean Paul II a adressé lors de sa rencontre, l’aprèsmidi, avec les prêtres et les religieux (il y a au Zimbabwe 332 prêtres
diocésains et religieux et 115 religieuses). Le pape a également rendu hommage à cette occasion à Mgr Adolphe Schmitt, missionnaire de Marianhill
d’origine allemande et évêque de Bulawayo, assassiné en compagnie de deux
autres religieux le 5 décembre 1976, dans le cadre de la guerre d’indépendance du Zimbabwe.
Le pape a encore évoqué la mémoire des religieux et religieuses qui ont
perdu la vie par la suite des luttes tribales qui ont ensanglanté le Matabaleland. Ces combats fratricides ont causé le mort depuis 1982 d’environ
1500 personnes, dont au moins 22 missionnaires.
Il faut savoir que le Matabeleland, ou se trouve Bulawayo, est le fief
de la minorité des Ndebeles (15 o/o de la population), face à l’ethnie majoritaire des Shonas (80 o/o). Après l’indépendance, chacune s’est ralliée
à une faction politique, les Ndebeles à la Zapu de Josuah Nkomo, les Shonas
à la Zanu de l’actuel président Robert Mugabe.
Dans son discours aux prêtres et aux religieux, qu’il a rencontrés peu
avant 16h. dans la cathédrale de Bulawayo, Jean Paul II a demandé aux
prêtres d’exercer, dans une Afrique australe et un Zimbabwe qui luttent
pour leur unité, "le charisme spécial de réconcilier leur peuple".
Le pape a mis l’accent sur "le besoin urgent d’un humanisme renouvelé,
qui s’exprime dans une culture défendant la vie et promouvant la solidarité
humaine, un humanisme basé sur les meilleures traditions de ce continent,
en harmonie avec les vérités éternelles et universelles révélées en JésusChrist".
Jean Paul II a présenté la vie religieuse comme le signe qui s’oppose à
ces tendances "à un individualisme excessif et à l’égoïsme, à une compétitivité acharnée et avide, qui sont quelques-uns des facteurs qui entravent
le développement authentique, ici en Afrique comme partout ailleurs". Il a
rappelé aux religieux que leur service du peuple, dans leur travail d’éducation ou sanitaire, contribue non seulement au développement matériel du
peuple, mais aussi à sa dignité. Le pape a eu enfin une parole d’encouragement pour les clarisses, qui ont ouvert à Harare leur première communauté
au Zimbabwe, avant de répéter que le prix payé pour être un vrai disciple
du Christ est élevé. (apic/jt/be)