Harare, 27octobre(APIC) "Aucun forfait, aussi abominable soit-il, ne peut
amener l’Etat à poser l’acte ’barbare’ d’exécuter un être humain; comme il
n’existe pas de cour de justice criminelle infaillible, le risque demeure
que la société ne condamne un innocent à mort", estime la Commission
"Justice et Paix" du Secrétariat général de la Conférence épiscopale du
Zimbabwe, qui fait actuellement campagne pour l’abolition de la peine de
mort dans l’ancienne Rhodésie.
"Justice et Paix" demande dans une pétition adressée au gouvernement
d’abolir la peine de mort et de la substituer par une peine de prison de
longue durée. La Commission soutient que l’expérience a largement démontré
que les pendaisons n’ont jamais dissuadé les délinquants de commettre des
méfaits. Elle estime finalement que l’abolition de la peine capitale serait
le signe que le Zimbabwe, contrairement à l’Afrique du Sud voisine où ont
lieu de nombreuses exécutions chaque année, est un Etat capable d’administrer sa justice sans l’usage de la peine de mort. Surtout, note "Justice et
Paix", qu’une telle décision démontrerait la reconnaissance par toute une
nation du caractère sacré de la vie humaine.
Selon la législation du Zimbabwe, les cours et tribunaux ne sont habilités à prononcer la peine capitale qu’en cas de meurtre avec préméditation,
vol à main armée, sabotage, trahison et terrorisme. Le pouvoir d’accorder
la grâce demeure l’apanage du président de la République, actuellement Robert Mugabe, un catholique convaincu, qui a déjà commué nombre d’exécutions
capitales en peines d’emprisonnement à perpétuité. (apic/dia/be)