Lusaka, 2mai(APIC) Troisième et avant dernier pays à figurer au programme
de la 5e visite africaine du pape, la Zambie a accueilli mardi en début
d’après après midi Jean Paul II. Parti de la Réunion le matin même, il est
arrivé à Lusaka, capitale de la Zambie de plus de 600.000 habitants, après
un vol de plus de 3000 kilomètres à bord d’un Concorde d’Air France. Reçu
par le chef de l’Etat, Kenneth Kaunda, Jean Paul II a ensuite prononcé un
réquisitoire sans équivoque contre le système de l’apartheid.
Se réjouissant des rapports harmonieux qui caractérisent la société zambienne et de ses efforts pour promouvoir un dialogue constructif entre les
diverses composantes, le pape a déclaré "que telle devait être la réponse à
l’inadmissible système de l’apartheid". Il a en outre souligner que "condamner le racisme ne suffit pas" et qu’il fallait avant tout, pour promouvoir la réconciliation, bannir les solutions dictées par la peur".
Après avoir dénoncé le racisme, le pape a encore demandé aux Zambiens de
garder confiance, face aux difficultés économiques et sociales, dans les
idéaux qui inspirent leur politique, à savoir "la reconaissance de l’égale
dignité de tout homme, sans discrimination basée sur la tribu, la race et
la foi". Dans son discours, Jean Paul II a invité les Zambiens à accueillir
généreusement les nombreux réfugiés qui sont contraints d’abandonner leur
terre en raison de la famine ou de conflits. Le pape a ensuite rendu visite
au président Kenneth Kaunda, avant de rencontrer les prêtres, les religieux
et les séminaristes à la cathédrale, puis les évêques à la nonciature.
Le réquisitoire du pape contre l’apartheid était attendu par la population de la Zambie, estiment les observateurs. Ces derniers pensent d’ailleurs qu’il a à nouveau été question de l’Afrique du Sud et de son systhème
durant l’entretien entre le pape et le président Kaunda, qui est également
président de la Ligue des pays de la Ligne de Front.
Ce dernier, protestant convaincu, soutient les actions de toutes les
Eglises de Zambie. Quelques semaines avant la visite papale, il avait fait
plusieurs gestes symboliques envers la communauté chrétienne. Le dernier en
date: un don de 4000 francs versé à une oeuvre catholique active dans les
bidonvilles de Lusaka. Les catholiques représentent près de 26% de la population zambienne. Par ailleurs, le gouvernement du pays avait consenti une
somme de 20.000 francs pour la réparation des routes qu’emprunte aujourd’hui le pape.
Dans son discours à la cathédrale de Lusaka aux prêtres du pays, le pape
s’est référé au prochain centenaire de l’évangélisation du pays (c’est en
1891 que les Pères Blancs s’installèrent définitivement dans ce qui s’appelait alors la Rhodésie du Nord) pour rendre hommage à ceux qui en furent
les pionniers et inviter chacun à garder intacte cette vitalité missionnaire. Il s’est réjoui ensuite des excellents rapports qui existent entre le
clergé et les laïcs.
La Zambie compte 587 prêtres diocèsains et religieux (dont 20% d’autochtones), 585 religieux non-prêtres et 827 religieuses (dont 48% d’autochtones) et 149 séminaristes.
Le pape a parlé aussi des souffrances qu’endurent de nombreux Zambiens
en raison de la crise économique et sociale. Il a exhorté le clergé à "exprimer une solidarité réelle et concrète avec la vie, les luttes et les incertitudes de leurs frères et soeurs". (apic/cip/jt/pr)