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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    Mgr Ngabu tire les leçons du Synode pour l’Afrique

    Zaïre: un appel à la conversion adressé à toute l’Eglise (030694)

    Bruxelles, 3juin(APIC) Mgr Faustin Ngabu, évêque de Goma et président de

    la conférence épiscopale du Zaïre, a été associé dès le début aux travaux

    du Synode pour l’Afrique, d’abord au sein de la commission ante-préparatoire, puis lors de la préparation proprement dite, comme membre du conseil,

    et enfin durant l’assemblée, comme membre de la commission pour le message

    final. Il a accepté de dresser pour l’agence APIC une regard rétrospectif

    sur cet événement historique.

    Revenant sur la genèse de l’assemblée, l’évêque de Goma fait un sort à

    certaines critiques entendues à la veille des travaux: c’est conformément

    au voeu de la majorité des évêques africains que la formule synodale l’a

    emporté sur celle du concile; si la demande venait d’Afrique, spécialement

    du Zaïre, le projet était au point mort quand le pape l’a ressuscité; les

    Africains ont été étroitement associés à la préparation en particulier au

    choix du thème, contrairement à ce qu’a pu faire croire une grande discrétion, "parce que nous avions aussi un peu peur que les journalistes nous

    fassent dire plus que nous ne pourrions dire".

    Le document préparatoire, ou "Lineamenta" élaboré autour du thème central de l’évangélisation a été envoyé dans tous les diocèses d’Afrique en

    leur donnant "toute liberté de réagir, même d’introduire des problèmes ou

    des sujets qui n’y étaient pas abordés". C’est à ce stade qu’est apparue

    l’idée de "l’Eglise-communion", une idée qui "a beaucoup évolué, parce que

    partout en Afrique on s’est trouvé devant le problème de la tendance à la

    division régionaliste, tribale, etc."

    Un an plus tard, quand la commission ante-préparatoire est devenue le

    conseil, le document de travail du synode (Instrumentum laboris) a été "entièrement élaboré par des experts africains", en collaboration avec Mgr

    Schotte, secrétaire permanent du synode des évêques. "Sur ce point-là, vous

    pouvez vraiment être très tranquilles: cela n’a pas été préparé à la curie

    romaine", assure Mgr Ngabu.

    Le pape aurait voulu le synode en Afrique

    Pourquoi à Rome? "Nous mêmes, au conseil anté-préparatoire, et plus tard

    dans le conseil, et le pape lui-même, nous voulions le synode en Afrique",

    affirme Mgr Ngabu. Le pape a d’ailleurs demandé qu’on lui fasse des

    suggestions. "Je ne sais pas quel diable est arrivé, raconte l’évêque, mais

    un vent violent a soufflé sur l’Afrique, si bien qu’aucun pays ne

    présentait les conditions de sécurité requises. Une deuxième raison, non

    moins importante, est une grande difficulté de communication entre les pays

    africains. Pour se rendre dans un pays voisin, il faut parfois passer par

    l’Europe. Ce sont des difficultés dont on ne se rendait pas compte au

    départ." Mais il y a une raison plus fondamentale, "la dimension ecclésiale

    du synode ressortait plus à Rome", en raison de la présence du pape

    (jusqu’à son accident) et de la proximité du tombeau de Pierre, qui mettait

    en évidence la portée universelle de l’événement.

    Les pères synodaux s’y sont exprimé en toute liberté, insite Mgr Ngabu:

    "Je n’ai pas vu une seule fois quelqu’un être mis en garde pour ce qu’il

    disait, nous avons été vraiment libres de dire tout ce que nous voulions."

    La foi a trop peu d’impact sur la vie des fidèles

    D’emblée, plusieurs interventions ont porté sur la nécessité et l’urgence de la "première annonce" dans une Eglise jeune (très peu d’Eglises ont

    fêté leur centenaire), et d’un approfondissement de la foi (catéchèse) sur

    "une terre brûlée", déchirée par des tensions. C’est que "la foi a très peu

    d’impact sur la vie des fidèles", observe Mgr Ngabu. Cette "dichotomie" explique l’attrait pour les sectes. "Si les chrétiens adhèrent aux sectes

    c’est parce que au fond ils n’ont jamais rencontré le Christ." Cette séparation a surtout des conséquences désastreuses sur la vie sociale.

    Aux yeux du président de la conférence épiscopale du Zaïre, cela regarde

    tous les aspects de l’évangélisation, comme l’inculturation, le dialogue,

    les problèmes de justice et paix. "S’il n’y a pas de rencontre réelle avec

    le Christ, qui amène le baptisé à se convertir, on ne peut saisir le sens

    profond de la dignité humaine. On ne peut percevoir les rapports entre

    l’évangélisation et les injustices qui sévissent à travers l’Afrique, soit

    sous forme politique dans des dictatures, soit dans les guerres avec leurs

    massacres, un peu partout. Le synode a développé une conscience très aiguë

    de cette question."

    Puisque "l’évangélisation est restée superficielle", poursuit Mgr Ngabu,

    il s’agit d’incarner le message. Tel est le sens de l’inculturation. Le

    synode a mis nettement l’accent sur son aspect spirituel. "Une inculturation qui ne conduirait pas à la sainteté serait un effort pour amener le

    christianisme à se convertir à une culture... C’est à la culture d’ouvrir

    des portes pour cheminer vers le christianisme, quitte à provoquer une rupture quand c’est nécessaire." C’est à cette rupture que le Christ a invité

    les juifs en leur enseignant le pardon, quand pour eux la vengeance était

    une valeur: "les anciens vous ont dit, moi je vous dis". Mgr Ngabu transpose: "Le Christ doit être la voie pour que les ethnies, les clans s’ouvrent,

    pour entrer dans une vision ecclésiale des relations entre les peuples. A

    ce niveau-là, l’inculturation a sa raison d’être." Le synode a demandé que

    l’on commence par créer des commissions "Justice et paix" dans tous les

    diocèses pour d’aborder cette question, et trouver "une forme de dialogue

    avec les autorités civiles", signale Mgr Ngabu, en ajoutant que "dans le

    cas d’une dictature, le problème est complexe".

    Des méthodes à revoir

    Le synode a perçu vivement l’inadéquation de la méthode d’évangélisation, qui devra "absolument changer", et "pas seulement en Afrique, mais

    dans l’Eglise tout entière", explique Mgr Ngabu. L’évêque de Goma met en

    cause "la tendance générale de notre catéchèse "qui favorise plus l’abstrait, l’intelligence", où "le catéchumène ou le jeune qui se prépare à la

    première communion ou à la confirmation répond à quelques questions de connaissance, mais reste indifférent, n’est pas troublé. Or, pour se convertir, il faut être troublé." Mgr Ngabu oppose à cette catéchèse "le kérigme,

    la proclamation dynamique de la Parole, qui provoque une démarche pour rencontrer le Christ. Dans les évangiles ceux qui avaient été troublés, ou

    bien se mettaient à la suite du Christ, ou bien partaient, mais partaient

    tristes."

    Cela vaut bien sûr pour l’Afrique, mais aussi pour les pays de vieille

    chrétienté, constate Mgr Ngabu. "Il y a chez vous beaucoup de chrétiens,

    dit-il, mais quel est l’impact de leur foi sur la manière d’envisager la

    vie politique ou économique? De ce point de vue, nous sommes tous concernés."

    Raison pour laquelle le "Message" du synode s’adresse aux Eglises-soeurs

    pour les inviter elles aussi à cette proclamation. Le président de la conférence épiscopale zaïroise s’étonne d’ailleurs que l’on reproche souvent

    aux évêques africains de ne pas dénoncer les injustices: "Si vous faites

    l’analyse, vous verrez que c’est en Afrique que les évêques interviennent

    le plus, dit-il. Il y a très peu de cas en Europe où les conférences épiscopales interviennent. L’un ou l’autre évêque individuellement, mais très

    peu les conférences, et d’une manière assez claire. C’est très rare. On

    n’aime pas troubler. Le synode s’en est bien rendu compte. Là, nous essayons de réveiller nos frères, nous disons aux Eglises-soeurs: vous êtes concernées!"

    Mgr Ngabu insiste sur la dimension "universelle" de l’événement qui

    vient de s’achever et récuse l’expression "synode africain". "Pour moi, ce

    synode est un événement historique, pas simplement pour l’Afrique, mais

    pour l’Eglise universelle." (apic/cip/mp)

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