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    Zaïre: sévères critiques de Mgr Monsengwo à l’encontre des autorités

    "Le pouvoir a cessé d’être humain" (090793)

    Kinshasa, 9juillet(APIC) "Arrêtez, arrêtez de faire souffrir ce peuple

    tant meurtri!" Tel est l’appel pathétique que Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, président du Haut Conseil de la république du Zaïre a lancé le 7 juillet de Kinshasa à l’adresse de la classe politique et des détenteurs du

    pouvoir. L’archevêque de Kisangani plaide la cause de "son peuple qui vit

    dans l’insécurité totale", dans un pays "bloqué depuis dix mois".

    Mgr Monsengwo ne fait pas seulement état d’une "situation sociale catastrophique" et d’une "économie en débâcle". L’insécurité du peuple s’est

    aggravée du fait que "l’Etat n’est plus gouverné" et qu’il n’y a toujours

    pas de dialogue entre les différentes parties.

    L’archevêque dénonce les manoeuvres du pouvoir qui cherche notamment à

    priver les militaires de leur solde "et ainsi les inciter à la révolte, au

    pillage ou au exactions".

    Au lieu d’un "minimum de bonne foi", les autorités politiques du Zaïre

    "se complaisent plutôt dans le terrorisme d’Etat et dans l’organisation

    d’un marché noir", écrit le président du Haut Conseil de la république.

    "Tout porte à croire qu’un grand nombre d’acteurs politiques souhaitent

    voir perdurer cette situation confuse". L’archevêque reproche aux dirigeants politiques leur manque d’inspiration et leurs stratégies politiques

    intéressées ou peureuses, car ces attitudes "distraient le peuple, le tiennent en otage et l’empêchent de se libérer vraiment".

    "L’Etat de droit est assassiné"

    Mgr Monsengwo, qui ne cite jamais le président Mobutu ni ses partisans,

    constate "l’indifférence du pouvoir face à la misère du peuple". Il en déduit: "Le pouvoir n’a plus de finalité digne. Il est donc devenu sans objet

    et a cessé d’être humain".

    Selon l’archevêque, "l’Etat de droit est assassiné". C’est aux acteurs

    de cet "assassinat" que Mgr Monsengwo attribue le blocage du dialogue politique depuis six semaines, la fermeture du Palais du peuple où doit siéger

    le Haut Conseil de la république, la confiscation des médias et la détention des citoyens pour délits d’opinions.

    Pour Mgr Monsengwo, "le défi du pouvoir est celui de la promotion et du

    développement intégral du peuple".

    La déclaration du président du Haut Conseil de la république se termine

    par un appel à toute la classe politique en vue du rétablissement du dialogue, au chef de l’Etat pour qu’il ne fasse pas perdurer la crise en s’opposant aux "aspirations légitimes du peuple au changement", enfin au peuple

    zaïrois lui-même, afin qu’il cultive en son sein "l’amour et la solidarité". (apic/cip/pr)

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