"Le peuple zairois sait maintenant ce qu’il veut"
Bruxelles, 13janvier(APIC) De retour d’une récente visite au Zaire, le
Père jésuite Fernand Boedts a fait part à l’agence de presse belge CIP de
ses impressions sur la situation dans ce pays africain. Le jésuite s’est
rendu au Zaïre du 27 décembre au 6 janvier au sein d’une délégation de
l’Eglise catholique de Belgique composée également de l’évêque de Hasselt,
Mgr Paul Schruers, et du Père Paul Bosman, Secrétaire général du Conseil
Missionnaire national.
Le Père Boedts qui est membre du Comité des Institut Missionnaires, est
un bon connaisseur du Zaïre où il a oeuvré pendant 25 ans comme missionnaire, avant de passer 6 ans dans le Burundi voisin. Le Père Boedts, qui avait
quitté le Zaïre en 1975, n’y était retourné qu’une fois en 1986. "J’ai découvert une société très différente et une Eglise nouvelle", a-t-il expliqué. Ce qui l’a le plus impresssionné à Kinshasa c’est le contraste entre
la catastrophe des pillages et la détermination du peuple à vouloir faire
table rase du passé.
"Il s’est produit un changement considérable de mentalité. Le peuple en
avait assez avec l’ancien régime et il a tout démoli. Les habitants de
Kinshasa ont ainsi clairement manifesté qu’une époque était révolue et que,
désormais, ils prennent leur sort en main".
"Aujourd’hui, poursuit le Père Boedts, la population a reprise courage.
Le tournant s’est produit le 23 décembre dernier". Le tournant, estime-til, n’est pas tellement dû à l’élection de Mgr Monsengwo, président de la
Conférence épiscopale, à la présidence de la Conférence nationale, mais
surtout à l’élection des deux vice-présidents: Joseph Ileo, ancien Premier
ministre du pays au début des années soixante, et Mulongo Mukalay: "Cette
élection fut une véritable épreuve de force parce que Mobutu avait espéré
nommer à un de ces postes quelqu’un de son bord. Or, le 23 décembre, le Bureau provisoire de la Conférence nationale est passé entièrement aux mains
de l’opposition politique (Joseph Ileo) et de la société civile (Mgr Monsengwo et Mulongo Mukalay)".
La Conférence nationale est toujours dans une place de transition.
Provisoirement, on a toujours affaire à des leaders tels qu’Ileo. Mais les
véritables leaders se tiennent prêts et ne vont pas tarder à passer à
l’