Mgr Monsengwo peut continuer "son service de médiation et de
modération"
Kinshasa, 21septembre(APIC) Si le peuple zaïrois souhaite
voir Mgr Laurent Monsengwo, archevêque de Kisangani, continuer à l’accompagner dans sa marche vers la IIIe République en
assumant la présidence du Haut Conseil de la République,
l’épiscopat est disposé à l’accepter et même à l’encourager.
C’est ce qu’ont fait savoir les évêques du Zaïre à l’issue de
leur dernière assemblée plénière tenue la semaine dernière à
Kinshasa. Dans un message intitulé "Complémentarité des vocations et des missions au sein de l’Eglise et pour le service
de la Nation", les évêques rappellent la solidarité de
l’Eglise avec la communauté nationale et la responsabilité
des chrétiens dans la société civile.
L’Eglise catholique au Zaïre s’est fortement engagée dans
le processus de démocratisation du pays. Elle a préconisé la
tenue d’une Conférence nationale souveraine (CNS), avant
d’être impliquée directement dans son organisation à travers
plusieurs délégués et à travers Mgr Laurent Monsengwo qui en
assume la présidence. Les évêques se montrent satisfaits du
travail accompli jusqu’à présent. "Nous continuons donc encore de croire que la Conférence nationale produira de bons
fruits pour le présent et l’avenir de la Nation."
Cette étape doit permettre au peuple zaïrois de poser de
nouvelles et solides fondations de l’édifice national, estime
l’épiscopat, en reconnaissant les erreurs du passé et en travaillant au pardon mutuel. "La participation de l’Eglise au
service du monde n’est pas facultative; elle n’est pas non
plus réservée à une seule catégorie de fidèles", dit le document.
Le chrétien a besoin d’un idéal politique . Il ne peut envisager, "ni se résigner à subir la vie et l’activité politique comme une sale affaire, un lieu de compromissions, une
occasion d’oppression et de domination de ses frères, d’enrichissement personnel et d’exploitation du peuple". L’exercice
du pouvoir politique est avant tout une question de justice
et de charité, rappellent les évêques. Et de plaider pour une
démocratie pacifique notamment au moyen d’élections libres et
transparentes. "Par là, le service du bien commun est mieux
assuré et la dignité de la personne humaine respectée".
Si la politique est le lieu d’engagement propre aux
fidèles laïcs, les évêques, les prêtres, et les religieux,
bien qu’ils aient leur vocation propre, ne peuvent pour
autant s’en désintéresser. A propos de l’engagement de Mgr
Monsengwo à la tête de la Conférence nationale souveraine,
les évêques notent: "Cet engagement a été assumé par Mgr
Monsengwo à la demande expresse du peuple, de manière tout à
fait exceptionnelle et provisoire. Si, à l’issue des travaux
de la CNS, le peuple exprimait le désir de voir un évêque,
membre de notre Conférence épiscopale, continuer à
l’accompagner dans sa marche vers la IIIe République, pourvu
que cela corresponde à ses forces humaines et à sa conscience
d’homme et d’évêque, nous sommes disposés à l’encourager à
rendre ce service de médiation et de modération entre les
forces politiques nationales."
La Conférence des évêques a également désigné son nouveau
président qui remplacera Mgr Monsengwo en la personne de Mgr
Faustin Ngabu, évêque de Goma. (apic/cip/mp)