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    Zaïre: les évêques du "Katanga" rendent Mobutu (130593)

    premier responsable du "cauchemar katangais"

    Purification ethnique contre les Kasaïens du Katanga

    Lubumbashi, 13mai(APIC) Il faut mettre fin au "cauchemar katangais" demandent, dans une supplique adressée au Maréchal Mobutu, les évêques de la

    province ecclésiastique de Lubumbashi, qui tiennent le dictateur zaïrois

    pour "premier responsable" des troubles dans cette province du Zaïre qui

    fut autrefois une riche région minière. Les prélats dénoncent le bannissement et les "traitements infra-humains" dont sont victimes depuis l’été

    dernier les Kasaïens qui habitent la province du Shaba, l’ancien Katanga,

    une région qui subit une véritable purification ethnique.

    Dans leur message, les prélats constatent que "depuis plus d’un an, le

    Katanga est devenu le théâtre d’événements qui choquent plus d’un observateur à l’intérieur comme à l’extérieur du pays". Cette situation a amené

    les évêques de la province ecclésiastique à se réunir à plusieurs reprises

    et à publier des lettres pastorales, dans lesquelles ils ont invité, "d’une

    part les leaders politiques à plus de réalisme et de tolérance et d’autre

    part les populations à plus d’amour fraternel, de paix et d’esprit de travail durant cette période de transition".

    Dans leur dernier appel, les évêques protestent particulièrement contre

    "le bannissement et les traitements infra-humains des communautés d’origine

    kasaïenne; la manipulation des leaders katangais pour les brûler et les

    rendre odieux à l’extérieur du Zaïre; l’imposition néfaste des billets de 5

    millions de zaïres, avec toutes les conséquences désastreuses pour l’économie de la province", plongeant la population dans "une misère indescriptible". Toutefois, les évêques disent rester confiants que le président "mettra rapidement fin" à ce qu’ils appellent le "cauchemar katangais".

    Depuis le mois d’août dernier, des villages entiers du Shaba (ex-Katanga) au sud du Zaïre sont vidés de tous les Kasaïens, ethnie originaire de

    la province voisine du Kasaï à environ 150 km à l’ouest. De nombreux observateurs remarquent qu’il s’agit d’une politique délibérée du parti UFERI de

    l’ancien Premier ministre Nguza Karl I Bond, originaire du Katanga, et du

    gouverneur Kiyungu y Kumwanza, qui ont dressé les Katangais contre les Kasaïens.

    Le responsable régional du parti UFERI aurait déclaré :"Les Kasaïens

    sont des microbes qu’il faut écraser; ce sont eux les responsables de la

    ruine de notre Katanga". Des dizaines milliers de personnes ont été expulsées dans des conditions inhumaines et l’économie de la région tourne au

    ralenti, les Kasaïens étant traditionnellement des fermiers et des petits

    commerçants.

    C’est à partir du 8 août, avec l’accession au poste de Premier ministre

    d’Etienne Tshisekedi, ressortissant du Kasaï oriental, que la situation

    s’est aggravée, les Katangais craignant de voir les Kasaïens imposer leur

    loi au Shaba. C’est alors qu’a commencé la purification ethnique de cette

    région: "On a chassé les Kasaïens sous les insultes et les menaces. On a

    mis le feu à leurs maisons, après avoir arraché les portes et les fenêtres

    et volé leurs biens. (...) Même les vieillards, les femmes enceintes et les

    enfants ont été contraints de fuir vers le Kasaï oriental à 150 km de là",

    témoignait récemment le missionnaire spiritain belge Christian Roberti de

    retour à Bruxelles. (apic/cip/be)

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