Zaïre: les Congrégations religieuses belges (291091)
Les évêques zaïrois partisans avec le peuple d’un "ordre nouveau"
Bruxelles, 29octobre(APIC) Le Comité des instituts missionnaires (CIM),
organe de coordination des congrégations religieuses envoyant des missionnaires à l’étranger, et le Conseil missionnaire national (CMN) en Belgique
ne sont pas d’accord avec la demande adressée aux ressortissants belges de
quitter le pays faite par le Premier ministre belge Wilfried Martens. A
l’heure où le Zaïre connaît de plus en plus la violence et l’incertitude,
les deux organismes entendent laisser le libre choix aux missionnaires de
partir ou de rester. Au même moment, les évêques du Zaïre, dans une déclaration sur la situation politique du pays rendue publique à Kinshasa,
soulignent la "volonté de changement du peuple pour un ordre nouveau".
Dans une lettre adressée au Premier ministre, les secrétaires généraux
des deux organismes missionnaires belges le prient "instamment de faire le
nécessaire pour laisser aux missionnaires sur place le soin de décider par
eux-mêmes s’ils quittent ou non le pays". Ils précisent que leur requête
est conforme aux "orientations adoptées à l’époque par les autorités de
l’Eglise catholique lors des difficultés de 1960 et réadoptées récemment
par la Conférence des évêques du Zaïre et par les Associations des Supérieurs Majeurs ASUMA et USUMA au Zaïre".
Les évêques zaïrois pour le changement avec le peuple
Dans une déclaration publiée à Kinshasa la semaine dernière, les évêques
zaïrois expliquent que le pays a besoin d’un gouvernement jouissant de
"pouvoirs réels et doté de l’autorité nécessaire pour appliquer aux grands
maux les grands remèdes". Car, poursuivent-ils, "les mêmes causes produisant les mêmes effets, il est impossible de résoudre les graves problèmes
du pays en perpétuant le genre de gouvernement que le pays connaît depuis
deux décennies".
"La promotion de la paix, de la sécurité et du développement intégral"
et le "changement des structures et des méthodes dans la gestion de
l’Etat", que réclament les évêques du Zaïre, "ne peuvent se réaliser pleinement sans la participation du peuple". Pour eux, "la paix et le dévelopement véritables ne peuvent être conçus et réalisés que pour le peuple et
avec le peuple". Et la déclaration épiscopale d’affirmer que l’une des
priorités du gouvernement devrait être "la levée de tous les obstacles qui
entravent la tenue régulière de la Conférence Nationale Souveraine, appelée
à élaborer un nouveau projet de société et à poser les bases des institutions de la IIIème République". (apic/cip/ap)