Zaïre: La vie des réfugiés Cabindais (010891)
Fribourg, 1eraoût(APIC)" Les réfugiés angolais au Zaïre ont toujours besoin d’une aide". C’est ce qu’a déclaré l’abbé Serge-Gabriel Makaya, actuellement en repos à Fribourg, à l’Agence Apic. Incardiné actuellement au
diocèse de Boma (Zaïre), l’abbé Serge-Gabriel s’occupe depuis 1974 de ces
réfugiés estimés actuellement à environ 10’000 personnes qui fuient la
guerre civile dans leur pays.
Les réfugiés angolais ont aflué dans le diocèse de Boma surtout à partir
de 1974, lors de l’éclatemment de la guerre civile en Angola. C’est à partir de cette date également que l’abbé Serge-Gabriel a décidé de s’ installer à Tshela, eu égard à la détresse de ses compatriotes.
Une pastorale d’ouverture
La première étape dans cette prise en charge avait consisté dans la construction des camps à Tshela pour l’installation des réfugiés. Ce qui, pour
la suite fut d’une importance capitale; car, cette action avait facilité
leur encadrement tant sur le plan social que religieux; cela avec l’aide de
l’ONU, de Caritas.
Sur le plan scolaire, les écoles primaires ont été créées dans tous les
centres des réfugiés. Dans la perspective de leur intégration en Angola, un
cours de portugais fut introduit au niveau du secondaire. En plus de ces
cours, d’autres cours de révision ont été organisés en vue de la validation
des études par un diplôme d’Etat (Bac zaïroois). Ces cours ont été financés
entièrement par la commission Internationale Catholique pour l’immigration.
Sur le plan religieux, un petit séminaire de transition a pu être organisé pour les jeunes gens qui voulaient s’engager sur la voie du sacerdoce.
Cette pastorale a porté ses fruits en offrant aux peuples angolais sept
prêtres qui sont rentrés au Cabinda en même temps que trois autres qui furent envoyés d’Angola pour leur formation, afin de soutenir le diocèse qui
venait d’être créé (en 1985).
Concernant leur formation, l’abbé souligne le fait qu’elle se déroulait
dans les locaux de fortune. Le petit séminaire fonctionnait dans le centre
pastoral des prêtres cabindais de Tshela à partir desquelles toutes les actions étaient organisées et coordonnées. Après la formation dans ce centre,
ils étaient envoyés dans les grands séminaires du zaïre pour leur encadrement.
La majorité des réfugiés sont actuellement installés dans le diocèse de
Boma sont d’origine cabindaise. Les autres réfugiés angolais ont été concentrés à Kwilu Ngongo, sur recommandation de Caritas Zaïre et de l’ONU.
Accueil chaleureux de la part des autorités locales
Au niveau local, les curés des zones dans lesquelles sont installés les
réfugiés ont été appelés à les soutenir compte tenu du nombre et de l’étendue des camps d’installation. Les soeurs "Servantes de Marie" ont également
apporté une grande contribution dans l’aide aux réfugiés
Avec les chrétiens, les relations ont été difficiles au départ. Mais,
avec le temps et compte tenu d’une pastorale d’ouverture adoptée par l’abbé
et surtout grâce au concours des autorités locales, tant religieuse que civile, ces difficultés ont été surmontées.
Concernant les autorités locales justement, l’abbé Serge Gabrielle Makaya a insisté sur le fait que c’est grâce à elles que les réfugiées ont pu
par exemple acquérir des lotissements pour leur installation et leur travail; mais cela, a-t-il ajouté, dans le respect de la population. "C’était
très important pour ma pastorale; car grâce à leur collaboration, on a pu
créer un climat d’entente et éviter les tensions entre les deux peuples".
Les accords entre l’UNITA et Loanda n’ont pas apporté grand’chose
Actuellement, en dépit des échanges des réfugiés entre le Zaïre et l’Angola, environ 10’000 personnes restent encore dans les camps dirigés par
l’abbé. En attendant que les négociations entre l’UNITA de Jonas Savimbi et
le gouvernement de Loanda, puissent aboutir à une paix durable pour permettre au Cabinda de bénéficier d’une certaine autonomie, l’abbé projette en
faveur du reste des réfugiés un programme de formation. Il s’agit de la
fondation dénommée "Fondation Marie auxiliatrice" pour la formation des enfants réfugiés et l’alphabétisation des adultes à Tshela. Un cours d’apprentissage des langues portugaise et anglaise est également prévu pour
ceux qui sont nés au Zaïre afin de leur donner la possibilité de s’intégrer
facilement dans leur pays, une fois de retour. Cette oeuvre qui encadre déjà une vingtaine d’enfants vise à longs termes d’acompagner les enfants
ainsi formés jusqu’au niveau du secondaire. Ce qui demande les concours de
l’étranger; le projet étant estimé à 2’722’620 zaïres (monnaie locale, selon le cours d’avril 1991), soit environ 1’361’000FB ou plus ou moins
592’000FSuisses, pour la construction de 7 classes.
Pour terminer, l’abbé a remercié les organisations caritatives et humanitaires qui l’ont tooujours soutenu dans ses activités. Il s’agit notamment de Caritas allemdande, Caritas hollandaise, Caritas portugaise et
d’une façon particulière, la Coommission Internationale Catholique pour
l’Immigration, Missio, l’Eglise en détresse, mais aussi la Caritas Zaïre.
L’abbé Serge-Gabriel Makaya est un prêtre Cabindais (Angola). Né le 24
mars 1925, il a fait toutes études primaire, secondaire, philosophiques et
théologique à Malange et Loanda en Angola; il a été ordonné prêtre en 1955.
D’abord curé et professeur au petit séminaire de Malange, depuis 1975, il
s’est installé à Tshela diocèse de Boma (à l’ouest du Zaïre) pour s’occuper
des angolais fuyant la guerre civile qui avait éclatée entre 1974 et 1975.
En 1976, il a été nommé par Caritas Internationalis de Rome, coordiateur de
l’action en faveur des réfugiés. Depuis lors, il s’est consacré. (apicsjb).