Bruxelles, 9septembre(APIC/CIP) L’épiscopat du Shaba (Zaïre), qui compte
huit diocèses, est particulièrement éprouvé ces derniers temps. L’évêque de
Kamine, Mgr Malunga, atteint par la limite d’âge, n’est toujours pas
remplacé; Mgr Ngoy Kabwe, évêque de Manono, est septuagénaire et presque
aveugle; Mgr Nday, évêque de Kongolo, souffre de graves problèmes de santé.
Quant au diocèse de Kalemie-Kitungu, il se remet difficilement du choc
causé par le décès de son évêque, Mgr Kaseba, mort le 21 août dernier à
l’âge de 58 ans .
Mgr Kaseba avait été ordonné prêtre en 1960, deux mois avant l’indépendance du pays. Il avait ensuite poursuivi des études à Rome. Docteur en
droit canonique, il fut successivement professeur, puis recteur au grand
séminaire de Lubumbashi, secrétaire général de l’épiscopat du Zaïre, évêque
de Kilwa-Kasenga de 1975 à 1979, puis transféré au siège plus important de
Kalemie-Kirungu. Il avait été pendant plusieurs années président de la Conférence épiscopale, et c’est à ce titre qu’il avait accueilli le pape lors
de sa première visite au Zaïre.
En 1981, Mgr Kaseba avait été victime d’un attentat (comme du reste plusieurs autres évêques zaïrois). A l’époque, on avait fait un lien entre ces
divers attentats et la publication, par le comité permanent de l’épiscopat
et sous la signature de son président - Mgr Kaseba - d’un document intitulé
"Notre foi en l’homme, image de Dieu". Les évêques y dénonçaient un certain
nombre de faits précis caractérisés par "une grave méconnaissance de l’homme, de ses droits les plus fondamentaux et les plus imprescriptibles".
Sur le plan international, Mgr Kaseba avait joué un rôle actif au sein
du Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM)
et avait représenté le Zaïre au synode des évêques à plusieurs reprises.
Mgr Kaseba était très préoccupé par la formation des chrétiens et par l’intégration de la foi chrétienne dans toutes les dimensions de la vie. Il est
mort après avoir eu la joie d’ordonner prêtre trois jeunes de son diocèse.
les nominations épiscopales qui auront à intervenir au Shaba dans un
proche avenir posent quelques problèmes délicats, car si le nombre des vocations sacerdotales est actuellement élevé, il n’en a pas toujours été
ainsi. De plus, le choix ne pourra faire abstraction des rivalités ethniques et régionales. (apic/cip/pr)