Zaïre: Appel des supérieurs religieux
"Vaincre le fléau du tribalisme et du régionalisme"
Kinshasa, 25février(APIC) Les religieux et les religieuses du Zaïre doivent préserver leur unité et ne pas se laisser récupérer par tel ou tel
groupe, ni former des groupes de substitution prétendant s’exprimer ou agir
au nom de tous les religieux. Telle est la mise en garde adressée au lendemain des récentes violences par les supérieurs majeurs des communautés masculines (ASUMA) et féminines (USUMA) du Zaïre. Cette esprit d’unité est
plus nécessaire que jamais pour "vaincre le fléau du tribalisme et du régionalisme".
Les événements récents dans le pays offrent aux religieux l’occasion de
manifester leur solidarité avec le peuple zaïrois, notamment les plus
faibles dont ils partagent le sort: insécurité, angoisses, pillages. De
nombreux religieux ont souffert moralement ou dans le corps, tous sont
perturbés, certains, surtout parmi les jeunes en formation, sont fortement
désemparés.
Le message explique les raisons de ce désarroi. Des communautés ont été
attaquées et pillées parfois précisément par des gens avec qui et pour qui
les religieux travaillent. "Même à ceux-là, à ceux que nous avons pris en
flagrant délit, à des collaborateurs qui avaient notre confiance et qui
nous ont déçus et trahis, nous devons pardonner." Les supérieurs disent en
outre leur admiration devant ceux et celles qui malgré les souffrances et
les contradictions, continuent vaillamment avec des moyens réduits, à oeuvrer dans le champ du Seigneur.
Les religieux doivent faire preuve d’esprit d’unité pour "vaincre le
fléau du tribalisme et du régionalisme, qui fait tant de tort au pays, provoque tant de meurtres et de souffrances, est en contradiction flagrante
avec l’Evangile, auquel nous faisons profession de conformer notre vie". Le
message se termine par trois recommandations. Si les religieux n’ont pas à
faire de politique, ils ont par contre le droit et le devoir de s’informer
et d’informer, "c’est-à-dire de tâcher, dans toute la mesure du possible,
de se faire et de donner aux autres une idée juste et objective de la situation". La deuxième recommandation concerne la lutte pour la justice sociale. Les supérieurs prônent l’organisation de sessions de formation dans
le domaine de l’analyse sociale, la pratique du discernement communautaire
et la conscientisation. Enfin la sauvegarde de l’unité est indispensable en
laissant aux responsables de l’ASUMA et de l’USUMA le soin d’agir et de
s’exprimer au nom des religieux et des religieuses, quitte à leur faire des
suggestions. (apic/cip/mp)