Yves Louyot, prêtre de la rue, chantera bientôt à Fribourg (071188)
Fribourg, 7novembre(APIC) Prêtre de la rue à Nancy, éducateur, auteur,
compositeur, interprète et poète, Yves Louyot sera à Fribourg dimanche 27
novembre. Invité par les animateurs du Centre d’accueil "Au Carrefour" de
Fribourg à l’occasion de quatres journées d’animation, Yves Louyot, accompagné de sa guitare, donnera dès 17 heures un récital à la salle paroissiale de Saint-Pierre.
Un phénomène, Yves Louyot: fils de bonne famille, il devient tout d’abord psychologue pour enfants puis entre au séminaire. Nommé aumônier d’un
lycée technique, le jeune prêtre ne sait pas très bien ce qu’il pourrait,
lui, poète au service du Christ, apporter à ces passionnés de rationnel, de
maths et de sciences physiques. Il décide alors de s’installer devant la
porte de l’établissement. Dans une vieille estafette, il y vend des frites
et devient rapidement le copain, le confident, sinon le confesseur de ces
jeunes.
Responsable ensuite d’une paroisse de Nancy, Yves Louyot ne se sent pas
à l’aise avec des paroissiens qu’il ne rencontre qu’occasionnellement. Nanti de l’accord de son évêque, il retrouve la rue: "Depuis plus de 20 ans,
je fricote avec les milieux marginaux", dit-il aujourd’hui avec humour. Ses
paroissiens sont les libertaires, les suicidaires, les voleurs, les violeurs, les alcooliques, les drogués et les prostituées. Pour Yves Louyot,
avec comme seul outil son "paquetage théologique bizarrement fagoté" et ses
quelques livres hérités de ses années d’études, il était de l’ordre de
l’impossible d’offrir une réponse aux cris de détresse, à la mendicité
d’espérance que réclame le monde des "paumés".
Le prêtre de la rue invente alors, bouleverse les habitudes, élabore un
nouveau langage et apprivoise la détresse. Par l’écoute et la patience, il
s’est laissé enrichir par l’histoire des autres, pour reconstruire ensemble
un moment, un lieu ou chacun pouvait s’épanouir. Face aux "paumés" trop
souvent ignorés par la société , Yves Louyot parle. Il les accueille et
chante. Il ouvre des portes et des chemins. Pour ce prêtre de la rue, tous
les chemins mènent à l’homme. Avec cette certitude, en compagnie des "loubards", Yves Louyot retape une vieille baraque. Pas pour en faire un presbytère, mais pour y accueillir tous ceux qui ont besoin de partager quelque
chose: un morceau de pain, une poignée de main, une écoute attentive, le
respect et l’aide pour un retour à la dignité.
La sacristie ou la rue...
La sacristie ou la rue? Yves louyot a choisi. Et à force d’en voir, d’en
entendre, des croyants et des incroyants, des rangés et des paumés, des
beaux et des laids, il a découvert que chaque être cache au fond de luimême un petit coin "immaculé", ce point ou l’on finit par rencontrer Dieu.
Je suis prêtre avant tout, explique Yves Louyot, "par la chanson, je tente
seulement de dire à l’homme toutes les richesses qu’il possède, avec des
mots de conversation quotidienne".
Accompagné de sa guitare, l’auteur de quelque 6 disques déjà chante la
vie. A Fribourg, le récital qu’il propose "Dieu est bonne" s’adresse à toutes les personnes capables d’accueillir une parole qui dérange. Ses chants
et ses histoires sont pour toutes personnes qui espèrent en l’homme, et
pour tous ceux qui n’ont pas peur d’être dérangées par la tendresse et
l’espérance. (apic/pr)