réciproque à la confiance réciproque"
Yverdon/Fribourg, 17janvier(APIC/Bernadette Dubois) Mgr Pierre Mamie,
évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, a examiné l’événement du Concile
Vatican II du point de vue oecuménique lors d’une conférence donnée au
Château d’Yverdon (Vaud) le 16 janvier. C’est devant plus de 150 personnes,
pour la plupart protestantes - la population d’Yverdon est en grande majorité réformée - que Mgr Mamie s’est exprimé sur le thème "Vatican II, de la
méfiance réciproque à la confiance réciproque".
L’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg a été un témoin privilégié du
Concile Vatican II. En effet, bien que n’étant pas encore évêque à l’époque, il a pu suivre la dernière session du Concile comme secrétaire du cardinal Journet. Il voit bien à travers les quatre constitutions, les neuf
décrets et les trois déclarations du Concile l’"aggiornamento" de l’Eglise
que prévoyait Jean XXIII en convoquant le Concile.
A travers ses souvenirs d’enfance à La Chaux-de-Fonds, dans un canton à
forte majorité protestante, Mgr Mamie a voulu montrer l’évolution des relations entre protestants et catholiques dans les années 30, et celles que
l’on connaît actuellement entre "frères séparés". L’événement majeur de cet
évolution est, pour Mgr Mamie, le Concile Vatican II. Il a surtout permis
de grands changements dans trois domaines : les relations oecuméniques, la
liturgie et la collégialité épiscopale.
L’absolue nécessité de la prière pour l’Unité
La réforme liturgique du Concile, en donnant une plus grande place à la
liturgie de la Parole et en conseillant l’utilisation de la langue vulgaire, a permis un grand rapprochement avec les Réformés. Une des grandes
découvertes du Concile a également été, selon Mgr Mamie, le fait de prier
ensemble (entre chrétiens) pour l’Unité, et non plus de prier chacun chez
soi pour les autres.
"Beaucoup de choses ont été faites depuis le Concile, mais les divisions
demeurent", a déclaré Mgr Mamie. Il a comparé le terrain de l’oecuménisme
avec un glacier ou les crevasses sont relativement faciles à sauter, mais
n’en restent pas moins profondes. L’eucharistie par exemple soulève un problème doctrinal, car chaque confession chrétienne a sa propre manière de
vivre et de considérer ce sacrement. Pour les catholiques, a rappelé Mgr
Mamie, le problème ne peut pas encore être résolu, d’ou le refus de l’intercommunion. Cependant pour l’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg,
"c’est le désir de l’Esprit Saint de voir la communion des chrétiens, mais
sa réalisation est aujourd’hui impossible". C’est pourquoi, Mgr Mamie a mis
l’accent sur l’absolue nécessité de la prière pour l’Unité. (apic/bd)