Yougoslavie : l’Eglise catholique en Slovénie (280388)
Une contribution à la discussion sur la nouvelle Constitution
Ljubljana, 28mars(APIC) La Commission "Justice et Paix" de l’Eglise
catholique de Slovénie, en Yougoslavie, a publié dans l’hebdomadaire catholique slovène "Druzina" du 20 mars dernier un document condamnant sans ambage les injustices que subissent les croyants dans la vie publique. Ce document s’inscrit en outre dans le vaste débat en cours sur le projet de
réforme de la Constitution de la République socialiste populaire fédérative
de Yougoslavie. La commission exige que les croyants soient traités juridiquement de la même manière que ceux qui se prévalent d’autres convictions.
Le point de vue de la Commission "Justice et Paix" est aussi celui de la
doctrine de l’Eglise, selon lequel l’homme est le fondement et la finalité
de tous les efforts sociaux, économiques, culturels et politiques. Donc les
mêmes droits doivent être conférés à tous, sans distinction. Le document
relève clairement les avantages dont bénéficient les membres du parti communiste et les injustices que doivent endurer les croyants dans le service
public. Les possibilités d’accès à un poste de travail ou à la fonction
publique ne devraient pas être limitées en raison de la foi, déclare le document.
Le respect de la conviction personnelle commence déjà dans les établissements scolaires. Ce sont les parents qui devraient pouvoir choisir le
genre d’éducation qu’ils entendent donner à leurs enfants. Les enseignants
ne devraient avoir aucun droit d’empêcher l’expression des convictions religieuses de leurs élèves.
En tant que condition indispensable de toute démocratie, la Commission
affirme que la liberté d’opinion et d’expression ne peut être conçue sans
liberté de l’information : or l’importation de la presse étrangère est interdite, ce qui est en contradiction avec certaines conventions internationales concernant les échanges d’idées et d’informations. La Commission formule d’autres exigences : éviter les lois et procédures contraires aux
droits de l’homme, donner au peuple le droit d’exprimer sa volonté en ce
qui concerne la révision de la Constitution, permettre la liberté d’association. Ainsi devrait-on définir le statut juridique des groupes religieux
et admettre l’activité caritative publique de l’Eglise.
Le document de "Justice et Paix" déclare que les modifications prévues
de la Constitution sont non seulement insuffisantes, mais n’écartent pas
non plus les incohérences actuelles. "Il faut savoir que pour faire avancer
la démocratisation, il n’y a pas d’autre chemin que le respect toujours
plus rigoureux de tous les droits de l’homme" , conclut la Commission
"Justice et Paix". (apic/bcy)