"Le peuple serbe n’est pas responsable de la tragédie".
Zagreb, 18novembre(APIC) "La reconnaissance internationale de leur
autonomie est devenue pour les Croates et pour toutes les minorités de
Croatie une question de survie et ne tardera pas à le devenir pour tous les
autres peuples de l’ancienne Yougoslavie". Telle est l’opinion de la
conférence des supérieurs religieux de Yougoslavie, exprimée dans un
communiqué paru en fin de semaine dernière à Zagreb.
Les religieux refusent l’explication selon laquelle la guerre a ses
sources dans un conflit entre la nation serbe et la nation croate ou que la
responsabilité de la tragédie revient au peuple serbe. Ces événements sont
une tentative du dernier régime bolchévique de l’est pour se maintenir au
pouvoir par tous les moyens. Les hégémonistes pan-serbes du cercle
communiste ont, dans leur propagande de guerre, "confondu les intérêts du
peuple serbe avec l’héritage communiste de la Yougoslavie".
Cette politique "barbare, sans loi et méprisant la personne humaine"
apporte la souffrance non seulement aux Croates mais aussi à tous les
peuples de la Yougoslavie, y compris les Serbes. C’est seulement lorsque
les républiques seront reconnues dans leurs frontières actuelles que le
chemin de la paix pourra être aplani. L’embrasement du nationalisme serbe
est aussi le fruit de la politique communiste envers l’Eglise orthodoxe
depuis 50 ans. Le PC est parvenu à évider de l’intérieur l’Eglise et à
remplir ce vide par un nationalisme serbe exacerbé. Les évêques et les
prêtres orthodoxes à cause de cette dépendance politique peuvent à peine
protester contre l’inhumanité de cette guerre de conquête. Les catholiques
et les musulmans sont restés assez éloignés du parti communiste, c’est
pourquoi ils ont été exclus des carrières politiques, économiques ou
militaires. Les conséquences de cette "séléction" se remarquent encore
aujourd’hui.
Les religieux avertissent aussi du danger de voir les forces
d’extrême-droite jusqu’alors insignifiantes, s’affirmer en Croatie. Chaque
peuple de Yougoslavie doit pouvoir reprendre en main son destin. Seuls des
Etats autonomes et libres pourront conclure un accord porteur de paix dans
le respect des minorités. Mais dans cette "communauté d’Etats instable" où
le cercle pan-serbe cherche toujours à placer ses intérêts, cela n’est pas
possible, conclut le communiqué des religieux. (apic/gbr/mp)