Zagreb, 21aout(APIC) Malgré toutes les garanties constitutionnelles de la
liberté de religion les citoyens croyants de Yougoslavie sont toujours
traités comme des "hommes de seconde classe". C’est ce que constatait dans
une interview Mgr Franjo Kuharic,archeveque de Zagreb et président de la
Conférence épiscopale yougoslave. Ceux qui ont des problèmes sont "en première ligne tous ceux qui entrent directement en contact avec les institutions publiques" : les enseignants, les membres de l’armée, les employés de
l’administration, mais aussi les aumoniers dans les hopitaux.
Il y a des bureaux qui par principe sont fermés aux croyants, a ajouté
le cardinal. "Lorsqu’un croyant veut avoir accès aux bureaux officiels, il
ne peut l’espérer que s’il se "camoufle" ou "devient membre de l’"Union des
communistes" contre sa conscience", a expliqué Mgr Kuharic. Les enfants qui
reçoivent un enseignement religieux sont exposés en partie à l’école à la
pression et aux insultes des maitres. La religion et l’Eglise sont en outre
présentées "très négativement" dans l’enseignement scolaire, a remarqué le
cardinal croate. Les enfants - également ceux de parents croyants - grandissent dans une atmosphère athée, a-t-il ajouté.
En ce qui concerne la situation de l’Eglise elle-meme, l’espace de liberté laissé aux chrétiens est plus important que dans la plupart des
autres Etats socialistes, a reconnu Mgr Kuharic. "Le pape peut nommer
librement les éveques, l’éveque peut nommer et déplacer librement les
pretres. L’admission dans les séminaires et les noviciats des Ordres religieux n’est pas limitée, l’activité des Ordres est autorisée. Les pretres
sont autorisés à se déplacer librement, les croyants à se réunir librement." Pourtant, lorsqu’il s’agit de la vie de tous les jours, il y a des
difficultés au niveau de l’administration. Ainsi il est difficile pour de
nouvelles églises d’obtenir des permis de construire. Cela aboutit au fait
que sur de nombreux terrains de constructions nouvelles aucune église ne
peut etre érigée. Dans le sud de Zagreb il n’y a qu’une église pour 250.000
habitants." Nous nous attaquons à ce problème en achetant des logements
privés et en constituant des "églises à la maison"", a déclaré le cardinal.
(apic/kpr/cor)