XIe Festival du cinéma africain à Ouagadougou (280289)
Ouagadougou, 28février(APIC/Yvan Stern) Avant même son ouverture, un
évènement a marqué ce XIe Festival du cinéma africain (FESPACO) de Ouagadougou au Burkina Faso : la rencontre des cinéastes de ce continent et des
bailleurs de fonds européens, producteurs, distributeurs et délégués d’organisations d’aide au développement. La discussion a bien montré la difficulté du dialogue Nord-Sud. C’était le première rencontre de ce type, qui a
réuni une centaine de personnes.
Pour exister, le cinéma africain a besoin d’aide, mais les Etats du continent sont trop pauvres pour le soutenir, comme le font certains pays européens. Le Ministère français de la Coopération et l’ACCT (Agence de Coopération Culturelle et Technique) ont fourni, depuis une vingtaine d’année,
une aide appréciable qui a permis la réalisation de nombreux films dans les
pays de l’Ouest africain.
Une aide conditionnée
Mais, conséquence de la crise de l’industrie audiovisuelle en Europe,
cette aide est à dépenser obligatoirement dans des laboratoires ou studios
français. "Une mesure qui interdit le développement d’infrastructures techniques en Afrique", clament les cinéastes. La CEE peut aussi apporter une
aide appréciable, grâce aux Accords de Lomé.
Mais tout projet, pour en bénéficier, doit recevoir l’aval du gouvernement africain concerné, ce qui est une limitation évidente... De nombreux
organismes, enfin, se lancent dans des productions plus légères, en vidéo
et proposent de réaliser des sujets documentaires avec des équipes mixtes
comprenant des Européens et des Africains. Les Européens, c’est pour l’efficacité - "On tourne en dix jours ce qu’eux font en trois trois mois assure un producteur belge - et les journalistes africains sont meilleurs connaisseurs des réalités locales.
Les questions des réalisateurs africains restent sans réponse
"Faites des films de qualité et ils seront distribués" assurent les professionnels européens. Mais les réalisateurs africains, surtout les jeunes,
sont restés avec leurs questions après deux jours de discussions : faute de
moyens, les écoles de cinéma ont déja fermé leurs portes (INAFEC à Ouagadougou, par exemple) et les rares labos ou studios tournent au ralenti.
Pourtant, dans toute l’Afrique, les salles de cinéma et les émetteurs tv se
multiplient. Et il est légitime de se demander : "Pour diffuser quelles
images ? (apic/ys/be)