Fruits du Concile: la "déception de Paul VI"
Würzburg, 22juin(APIC) La façon dont s’est déroulé le Concile Vatican II
ne plaît pas à Mgr Kurt Krenn, l’évêque contesté de St-Pölten, en Autriche.
Il le dit dans une interview au journal allemand "Deutsche Tagespost".
L’évêque autrichien s’attaque aussi dans cet article à certains Pères conciliaires et théologiens allemands, leur reprochant des "procédés d’agitateurs" contre la théologie romaine. Et bien d’autres évêques qui
participaient au Concile ont, selon Mgr Krenn, prêté trop d’attention à
l’oecuménisme et à la pratique dans les paroisses. Incluant dans sa critique le pape Jean XXIII, il précise que c’est Paul VI qui a été "le pape du
Concile".
Avec le début des rapports publics, quelques Pères conciliaires ont commencé à ne plus parler pour le Concile mais pour le public, estime Mgr
Krenn. Selon lui, même Jean XXIII s’est laissé influencer par les nouvelles
constellations dans le domaine de la politique ecclésiale et a mis de côté
des documents initialement prévus. Le pape Jean XXIII et les autres Pères
du Concile n’ont pas donné une "interprétation globale du Concile"; par
contre, la presse l’a fait. Ainsi la théologie est devenue "pour la première fois en réalité autre, perdant de son sérieux". Il suffit de voir le
résultat, par exemple dans le domaine de la liturgie, où "vraiment tout a
échappé au contrôle", lance encore l’évêque de St. Pölten.
Une théologie trop basée sur la Bible et pas assez sur la Tradition
A propos du pape Paul VI, Mgr Krenn affirme textuellement: "Ce que Jean
XXIII a vécu dans la joie et le triomphe, Paul VI l’a ressenti comme une
déception, une souffrance. Et il a vécu cette déception surtout en raison
de ce qui a suivi les années du Concile." C’est pourquoi Paul VI est pour
lui un "tout grand pape". L’évêque de St-Pölten reproche aux théologiens et
aux évêques de langue allemande le fait que durant le Concile, de 1962 à
1965, ils ont essentiellement contribué à élaborer une théologie trop basée
sur la Bible et par conséquent ont négligé la Tradition de l’Eglise. Parlant du théologien Karl Rahner, décédé en 1984, Mgr Krenn considère qu’il a
plutôt collaboré à une "certaine polémique et critique de la théologie romaine", au lieu de réaliser son propre apport. (apic/kna/cb)