nucléaire: l’homme est "condamné à la paix"
Washington, 20mars(APIC/CIP) Dans un discours prononcé le 19 mars à
Washington, lors de l’ouverture des célébrations du deuxième centenaire de
la Georgetown University, le cardinal Agostino Casaroli, secrétaire d’Etat,
a mis en garde les gouvernements contre l’utilisation de l’arme nucléaire,
qui peut amener à l’autodestruction.
Traitant le thème "Contrôle des armements et responsabilité morale", le
cardinal a rappelé que l’utilisation de l’arme nucléaire pouvait se retourner aussi bien contre les vainqueurs que contre les vaincus. Il a souligné
que "la dissuasion porte un nom : la terreur", qu’il assimile à "la
destruction mutuelle assurée".
Les "perspectives terrifiantes d’une éventuelle apocalypse nucléaire"
font apparaître clairement la necessité d’une "solide structure de certitude éthique", a ajouté le Secrétaire d’Etat du Vatican, qui s’est interrogé
sur la moralité de la dissuasion. Celle-ci, comme l’ont rappelé les derniers papes, "n’est pas une fin en soi", et ne peut donc être une caractéristique permanente des rapports entre les Etats. Son but est "un
désarmement équilibré, contrôlé et progressif, jusqu’à en arriver à être
total".
Le cardinal a encore observé que, tandis que les armes nucléaires peuvent détruire l’humanité, il est impossible à celle-ci, qui en connaît les
secrets et est donc capable de les reproduire, de détruire ces armes, dont
l’"ombre accompagnera toujours l’homme comme une menace". Il s’agit donc
non seulement de réduire ou d’éliminer les armements, mais surtout de combattre les causes des guerres de façon à écarter la tentation d’un recours
aux armes. L’ère nucléaire doit convaincre l’humanité qu’il n’y a plus de
place entre la paix et la guerre, a-t-il averti, puisque la guerre peut
signifier autodestruction: l’homme est donc en quelque sorte "condamné à la
paix". (apic/cip/jt/pr)