VOYAGE DU PAPE EN AFRIQUE
Fribourg, 22août(APIC) D’une superficie de 945’000 km2 (La France, l’Italie et le Bénélux réunis), la Tanzanie compte près de 25 millions d’habitants très inégalement répartis, les pourtours du pays étant nettement plus
peuplés que le centre. La Tanzanie a pour voisins l’Ouganda et le Kenya au
nord, l’océan indien à l’est, le Mozambique et la Zambie au sud, le Zaïre,
le Rwanda et le Burundi à l’ouest.
Après la première guerre mondiale, les colonies allemandes d’Afrique
orientale furent placées sous mandat belge pour le Rwanda et le Burundi,
britannique pour le Tanganyika. Le 9 décembre 1961, ce dernier devint indépendant sous la direction de Julius Nyerere. Moins de trois ans plus tard,
le 27 avril 1964, le Tanganika et les deux îles de Zanzibar et de Pemba fusionnèrent pour devenir la Tanzanie. Ce "mariage" tient toujours, mais continue à connaître quelques tensions.
Julius Nyerere
On ne peut parler de la Tanzanie sans évoquer la figure de celui qui est
considéré par tous comme le père de la nation, Julius Nyerere, président de
la République du Tanganyika (1962), avant de négocier la formation de
l’Etat Fédéral, qu’il présida sans discontinuer jusqu’en 1985.
Né en 1922, dans le nord du pays, fils de chef, Julius Nyerere poursuivit des études en Ouganda et en Ecosse pour revenir ensuite dans son pays
comme professeur dans l’unique collège secondaire catholique de l’époque
coloniale. Même après avoir quitté l’enseignement, il garda le surnom de
"malimu" (professeur en swahili). Fin humaniste - ne dit-on pas qu’il a
traduit du Shakespeare en swahili ? - il est généralement considéré comme
l’un des grands sages de l’Afrique, un homme d’une rare intégrité et un des
apôtres de l’unité du continent. Ses grandes intuitions (socialisme africain, fraternité, égalité radicale de tous les êtres humains, désintéressement des dirigeants, nécessité de compter sur ses propres forces, lutte
contre la pauvreté, la faim, la maladie, l’ignorance) n’ont pas donné tous
les résultats qu’on pouvait en attendre.
Après s’être retiré de la présidence du pays en 1985, Nyerere a également renoncé, il y a quelques jours, à la direction du parti unique. Dans
son discours resté célèbre à la Congrégation générale des Soeurs de Maryknoll, en 1970, il disait: "Si l’Eglise, ses membres et ses mouvements ne
traduisent pas l’amour de Dieu pour l’homme en s’engageant et en prenant la
tête d’une protestation constructive contre les conditions de vie actuelle,
alors, elle sera identifiée avec l’injustice et l’oppression".
Un pays pauvre
La situation économique actuelle est loin d’être florissante. La
Tanzanie figure parmi les pays les moins avancés de la planète et occupe la
septième place dans les Etats les plus pauvres d’Afrique. Cette dégradation
a provoqué récemment des incidents à l’Univewrsité de Dar-es-Salaam, la
capitale.
D’où viennent ces difficultés ? A toutes les causes présentes dans tous
les pays en voie de développement (chute des cours des matières premières,
dette extérieure, exigences du FMI, démographie galopante, erreurs de
gestion, corruption), il faut en ajouter au moins deux autres:
l’appartenance de la Tanzanie au groupe des Etats de la ligne de front face
à l’Afrique du Sud et la présence de nombreux réfugiés des pays voisins
(Rwanda, Burundi, Mozambique et même d’Afrique du Sud).