Voyage du pape au Pérou : bilan (170588)
Lima, 17 mai (APIC/Pierre Rottet) "En vous je place toute ma confiance".
Eloignez-vous de la violence, de l’alcool et des drogues". C’est en ces
termes que le pape Jean Paul II s’est adressé le 15 mai à Lima à la multitude de jeunes venus acclamer et écouter le pèlerin de la paix. Combien
étaient-ils, ces filles et ces garcons de tous âges accourus en fin de
soirée, dimanche 15 mai, au rendez-vous que le Saint Père leur avait donné?
Des dizaines de milliers sans doute. Une jeunesse présente, massivement du
reste durant les quelque 40 heures de l’escale péruvienne du souverain pontife.
L’observateur le souligne: l’émotion et l’enthousiasme des jeunes ont
marqué d’une touche particulière cette deuxième visite du Saint Père au
Pérou. Sur les lieux ou Jean Paul II s’adressa en particulier à elle, la
jeunesse péruvienne, à coups de "tu dois revenir, Jean Paul, tu dois
revenir", ou "qu’il reste, qu’il reste", obligea souvent l’illustre
visiteur à interrompre son message. Cependant que face à l’estrade, des
groupes folkloriques venus de différents points du pays dansaient et
chantaient.
Un grand dialogue en réalité entre le pape Jean Paul II et des milliers
de jeunes. Une communion d’esprit et le sentiment d’une grande fête qui
sans doute demeureront gravés dans les coeurs des participants.
Bien réel aussi, l’enthousiasme des quelque 4000 religieuses présentes
pour écouter le souverain pontife déclarer à leur attention "vous autres,
par votre proche présence aux côtés des plus nécessiteux, êtes personnellement conscientes des affres qui affectent notre société et laissent visibles leurs néfastes effets de pauvreté et d’injustice".
Des cadeaux remis au pape par les diverses congrégations religieuses
établies au Pérou et un service d’ordre légèrement débordé, ou feignant à
peine de l’être, sous les assauts des religieuses qui toutes tentaient de
s’approcher du Saint Père...la fête décidément était pour elles aussi.
Autre rendez-vous attendu : celui que le Saint Père a soutenu avec les
représentants du monde de la culture et de l’industrie péruviennes. "Il
faut promouvoir la richesse, mais n’oubliez pas les travailleurs", a-t-il
dit aux industriels. "N’oubliez jamais que le travailleur est lui-même tout
votre capital".
"Votre responsabilité, a-t-il souligné, est de vous mettre au service du
bien commun, de faire en sorte que le Pérou devienne un pays dans lequel il
n’est plus seulement question de survivre mais dans lequel les citoyens
puissent vivre conformément à leur dignité humaine, spirituelle et
matérielle". S’adressant ensuite aux intellectuels, le souverain pontife a
précisé que pour l’Eglise, la culture doit être au service de l’homme afin
de donner à ce dernier le sens de son existence. "Une culture qui ne serait
pas au service de la personne ne peut être une véritable culture", a
déclaré Jean Paul II avant de préciser: "une culture qui a perdu les fondements des valeurs suprêmes agit nécessairement contre l’homme".
Visiblement fatigué, le pape Jean Paul II concluait ensuite une journée
de labeur pastoral particulièrement importante. Tôt le matin, le chef de
l’Eglise catholique s’était déjà entretenu avec le président Alan Garcia,
et dirigé un message aux 15.000 prisonniers des quelque 100 prisons du
pays. Avant de mettre un terme au 5e Congrès eucharistique des pays
bolivariens. Une cérémonie qui, commencée à 10 heures en présence de plus
de deux millions de fidèles, devait s’achever 3 heures plus tard.
Au matin de son dernier jour de visite au Pérou, le souverain pontife,
depuis l’aéroport, a encore lancé un appel aux terroristes Péruviens afin
qu’ils mettent un terme à la violence et suivent "le chemin du chrétien.
Celui de la Réconciliation et du Pardon", devait-il conclure au terme d’un
séjour de 40 heures retransmises sans discontinuité ou presque par la chaîne de télévision nationale péruvienne. (apic/pr/bd)