Voyage du pape au Brésil : Les théologiens de la (221091)
Les journaux brésiliens soulignent son discours "de gauche"
Rio de Janeiro, 22octobre(APIC) Les fortes paroles du pape Jean Paul II
lors de son dernier périple à travers le Brésil, soulignant la nécessité
d’une réforme agraire et condamnant le "capitalisme sauvage" et la "recherche effrénée du profit", ne sont pas restées sans effet dans le pays même.
Tandis que les théologiens de la libération louaient les prises de position
du pape en faveur de la justice sociale, les journaux conservateurs n’ont
pas apprécié son discours "de gauche".
Le Père Clodovis Boff, frère du célèbre théologien de la libération
Leonardo Boff, a notamment salué le "discours oppositionnel" du pape à Sao
Luis do Maranhao, où il dénonçait une injuste répartition des terres, et
affirmé que ses paroles ont "durement touché les riches". Le pape avait à
cette occasion rappelé que "les biens de ce monde ont été créés par Dieu au
bénéfice de tous". Il avait alors plaidé pour une "véritable réforme
agraire".
Concernant les critiques fréquentes de Rome à propos de la théologie de
la libération, Clodovis Boff a répondu que le pape Jean Paul II, avec ses
documents de 1985 et 1987 à ce sujet, a rendu accessible à l’ensemble de
l’Eglise universelle les bases de départ théoriques de cette théologie. Le
Père Boff affirme que cette théologie ne s’inspire ni du marxisme ni du matérialisme dialectique, mais qu’elle a des racines spirituelles. Il estime
que l’éthique et les principes de cette théologie "sont en harmonie avec la
doctrine de l’Eglise". Jean Paul II lui-même, à l’occasion d’une escale entre deux villes brésiliennes, a déclaré avoir "toujours été théologien de
la libération". Il a même déclaré au correspondant du quotidien italien "La
Repubblica" qu’il est ce "théologien de la libération qui reste vigilant à
son poste".
Mgr Pedro Casaldaliga, évêque de la prélature de Sao Felix do Araguaia
et tenant de l’aile progressiste de la Conférence épiscopale brésilienne,
aurait attendu du pape une parole encore plus claire à propos de la réforme
agraire et souhaité qu’il "approuve" les occupations de propriétés menées
par les paysans sans terres, "parce que dans la réalité brésilienne, beaucoup d’occupations de terres sont justifiées". Il a cependant salué comme
positives les prises de position du pape concernant la dette extérieure du
Brésil et les "mécanismes pervers" de l’exploitation. Un des plus grands
journaux du Brésil, la libérale "Folha de Sao Paulo", écrit : "C’est un
fait que le pape ressuscite des thèses des gens de gauche à une époque où
leurs chefs font tout pour s’adapter aux goûts de la droite". (apic/kpr/be)