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    Jean Paul II met en garde contre la

    Voyage du pape au Brésil (131091)

    théologie de la libération et contre les sectes

    Natal, 13octobre(APIC) Le pape Jean Paul II a adressé dimanche aux évêques et au clergé brésiliens une mise en garde contre la théologie de la

    libération et contre les sectes. Dans des discours prononcés à Natal lors

    du second jour de sa visite pastorale au Brésil - le 53e voyage du pape

    hors d’italie et le deuxième dans ce pays -, le pape a demandé au clergé

    d’obéir à l’autorité de l’Eglise et de ne pas se tranformer en leaders politiques.

    Le pape Jean Paul II a entamé dimanche à Natal la deuxième journée de sa

    visite au Brésil par une célébration eucharistique à l’occasion de la clôture du 12e Congrès eucharistique national, célébration au cours de laquelle le pape a observé que "la vocation chrétienne de millions d’âmes se voit

    menacée par le danger des sectes, par les violences de tout type - y compris celles causées par le trafic de drogue -, par la mentalité de consommation et par les campagnes menées pour le contrôle de la natalité.

    Le pape a plaidé à ce propos pour un retour aux valeurs morales et culturelles de la tradition chrétienne. Mais les deux plus importantes rencontres ont eu lieu dans l’après-midi: avec les évêques et avec le clergé. Des

    rencontres au cours desquelles le pape s’en est pris à la théologie de la

    libération et aux sectes.

    Dans un discours prononcé devant les évêques en début d’après-midi, Jean

    Paul II a évoqué différents problèmes qui touchent l’Eglise brésilienne. Il

    a cité la "grave carence de doctrine" et "l’ignorence religieuse" qui font

    que les gens deviennent une proie facile "de la séduction des sectes et de

    nouveaux groupes religieux". Selon certaines estimations, 16 millions de

    Brésiliens appartiennent à des sectes ou à des groupes religieux.

    Le pape a exhorté les évêques à prendre une "sérieuse prise de position", en ajoutant être au courant que ces sectes et groupes disposent de

    "gros appuis économiques". A propos de la réponse de l’Eglise à la "pressante faim de pain et de justice du peuple brésilien", Jean Paul II a souligné que cette réponse doit être "authentiquement évangélique" et qu’il ne

    faut pas "céder aux tentations du type de la théologie de la libération qui

    ne se conforme pas à l’authentique magistère de l’Eglise".

    L’abîme entre les pays riches et les pays pauvres

    Le pape s’est en outre exprimé sur la nouvelle situation mondiale. En

    indiquant que "la tension Est-Ouest s’est pratiquement dissoute" et que

    "beaucoup veulent voir dans ce fait une victoire de l’option capitalistelibéraliste". Le pape s’est dit préoccupé à propos des récents événements

    (guerre du Golfe et conflit Yougoslave) qui montrent "douloureusement qu’on

    est encore loin de la paix". Jean Paul II, qui a souligné que l’abîme entre

    les pays riches et les pays pauvres semble s’accentuer, a dénoncé la logique de la domination économique d’imposition de modèles. Logique qui, sans

    le respect de la légitime autodétermination de chaque peuple, a créé des

    mécanismes pervers qui empêchent l’accès de pays comme le Brésil au niveau

    des nations les plus développées". Il faut dire avec force, a-t-il ajouté,

    que la dette extérieure d’un pays ne pourra jamais être payée au détriment

    de la faim et de la misère de son peuple.

    Célibat des prêtres et identité sacerdotale

    Après sa recontre avec les évêques, le pape s’est entretenu avec le

    clergé dans la cathédrale de Natal. Au cours de la discussion, en fin de

    journée, le pape a notamment parlé de l’identité sacerdotale, en indiquant

    que, dans la période post-concilaire, la conscience de "la vraie identité

    sacerdotale s’est obscurcie et qu’il y a eu une tendance à laïciser les

    fonctions sacerdotales et, parallèlement, une tendance à cléricaliser la

    figure du laïc". A ce propos, le pape a dénoncé l’intervention des prêtres

    dans "des activités propres à l’action politique". Jean Paul II a averti

    que le prêtre doit éviter la tentation de se transformer en leaders politique. "N’oubliez pas, a-t-il souligné, que la mission fondamentale de

    l’Eglise est plus que la libération purement sociale et économique, qu’elle

    est la libération de la misère morale du péché".

    Le pape a encore défendu le célibat, en déclarant inacceptable les pressions faites pour réintégrer dans le ministère sacerdotal les prêtres qui

    ont laissé ce ministère pour se marier. "Le prêtre marié n’est pas la solution pour la grave carence de prêtres au Brésil".

    Jean Paul II a enfin abordé la relation entre les Instituts religieux

    et l’évêque local. A ce propos, il a déclaré que le travail pastoral des

    prêtres réguliers doit être "subordonné à l’orientation et à la direction

    de l’évêque". Pour le pape, "le gouvernement pastoral des fidèles de chaque

    Eglise locale, dans toutes ses dimensions et à tous les niveaux, appartient

    uniquement et exclusivement à l’évêque". (apic/jt/pr)

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