Voyage de Jean Paul II au Brésil (171091)
Campo Grande, 17octobre(APIC) Le pape a dénoncé jeudi à Campo Grande, capitale de l’Etat du Mato Grosso do Sul, où il a fait étape pour le sixième
jour de sa visite au Brésil, les menaces qui planent sur l’institution du
mariage en raison des campagnes menées en faveur du divorce, des pratiques
anticonceptionnelles et de l’avortement. Jean Paul II a en outre condamné
à nouveau l’"intervention directe d’ecclésiastiques ou de religieux dans la
praxis politique".
A Campo Grosso, ville située près de la frontière du Paraguay, le pape a
rencontré les enseignants, avant de célébrer une messe. L’après-midi, Jean
Paul II s’est adressé aux représentants du laïcat catholique brésilien.
Dans la matinée, le pape avait visité un centre hospitalier où sont soignés
des lépreux. Ceux-ci sont environ un demi-million au Brésil.
Au cours de l’homélie prononcée durant la messe, Jean Paul II a lancé un
"appel passionné" à l’Eglise brésilienne, en lui demandant de faire de la
famille sa grande priorité pastorale. Le pape a regretté que l’institution
du mariage reste menacée par les campagnes en faveur du divorce, par les
pratiques anticonceptionnelles et par l’avortement, qui "ruinent la société". Le grand nombre des "unions illicites", la perte des valeurs chrétiennes, "sapées par une publicité permissive", ainsi que les attaques de la
part d’une certaine presse "obscurcissent la vision chrétienne de l’amour
humain", a-t-il déclaré.
Dans le pays qui compte le plus grand nombre de catholiques, le pape a
encore dénoncé l’absence dans l’enseignement d’une éthique qui défende la
dignité de l’être humain; l’absence aussi d’une authentique formation spirituelle et morale et "l’égarement de l’enseignement doctrinal dans le but
de donner la priorité aux problèmes sociaux", qui vident progressivement la
foi de son contenu et poussent les gens vers les sectes".
Appel "pressant à la responsabilité morale"
C’est toujours le thème de la famille que le pape a abordé lors de son
rendez-vous avec les laïcs, dans la cathédrale de Campo Grande. Jean Paul
II a plaidé pour un renouveau en profondeur de la famille brésilienne, victime, a-t-il dit, d’une grave crise morale. Il est "douloureux", a ajouté
le pape, de voir l’extrême fragilité de beaucoup de mariages et les séparations qui en sont la conséquence, ainsi que le nombre alarmant des stérélisations, volontaires ou forcées, imputables "aux responsables de la société
politique et aux experts qui devraient s’occuper de la dignité et de l’intégrité de la personne et du corps social".
Le pape a encore attiré l’attention sur l’augmentation du nombre des
avortements qui sont "des atteintes criminelles contre le droit humain
qu’est le droit à la vie".
Evoquant d’autres grandes causes de la destruction de la famille, Jean
Paul II a cité celles qui dérivent "des conditions infra-humaines de logement, de nutrition et de santé, d’instruction et d’hygiène dans lesquelles
vivent des millions de personnes dans les campagnes et dans la périphérie
des villes, dont une des tristes conséquences est le nombre élevé de mineurs laissés à l’abandon et marginalisés".
Et le pape de lancer à l’adresse de ceux qui détiennent le pouvoir et de
tous les hommes de bonne volonté un nouvel "appel pressant à la responsabilité morale", afin qu’ils créent les conditions sociales "qui garantissent
la dignité de la vie humaine et de la famille".
Engagement politique: deux formes de cléricalisme
A propos de l’engagement des laïcs dans le monde du travail, le pape a
exhorté ceux-ci à s’engager "afin que la doctrine sociale catholique, sans
céder aux idéologies anti-évangéliques de ceux qui se font les apôtres de
la haine et de la lutte des classes, oriente effectivement la réalité socio-économique" du Brésil.
Quant à l’engagement politique des laïcs, Jean Paul II a condamné deux
formes de cléricalisme: "Une intervention directe d’ecclésiastiques ou de
religieux dans la praxis politique, où l’éventuelle prétention d’imposer,
au nom de l’Eglise, une ligne unique dans les questions que Dieu à laissées
au libre débat des hommes. Une autre forme de cléricalisme "non moins visible" est celle que pratiquent les laïcs qui, dans les questions temporelles, sans aucune raison ou sans titre, prétendent agir au nom de l’Eglise,
comme ses porte-parole, ou sous la protection de la hiérarchie ecclésiastique".
En début de soirée, Jean Paul II a gagné Florianopolis, capitale de
l’Etat de Santa Catarina, où il béatifiera vendredi une religieuse, Mère
Paulina, fondatrice des Petites Soeurs de l’Immaculée Conception. (apiccip/jt/pr)