Voyage de Jean Paul II au Brésil (161091)
Cuiaba, 16octobre(APIC) Le pape Jean Paul II a marqué le 13e anniversaire de son élection sur le trône de Pierre par une célébration eucharistique
dans la ville de Cuiaba, capitale de l’Etat du Mato Grosso do Norte, à
l’ouest de Brasilia. Une célébration qui a permis à Jean Paul II, au cinquième jour de sa visite au Brésil, d’aborder le problème de l’écologie et
de la migration et d’exprimer son espoir de voir la communauté internationale sauvegarder les conditions morales d’une authentique écologie humaine.
Autres points forts de cette journée, sa rencontre avec les jeunes, mais
surtout avec un groupe d’"Indios" de l’Amazonie brésilienne. Des indigènes
pour lesquels le pape a plaidé: pour leur survie et la conservation de leur
identité.
Au cours de la célébration de l’eucharistie, le pape, qui a dénoncé
l’homme pour sa manière excessive et désordonnée de consummer les ressources de la terre et de sa propre vie, a rappelé qu’on n’a pas le droit de
disposer arbitrairement de la terre et que "l’homme peut développer sans
pour autant trahir" l’environnement. Le pape a déclaré suivre avec intérêt
les préparatifs de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement qui
se tiendra à Rio de Janeiro au mois de juin 1992. A ce propos, Jean Paul
II, qui a également mis l’accent sur la protection de la nature brésilienne, a exprimé l’espoir que les nations sauront alors "sauvegarder les conditions morales d’une authentique écologie humaine".
L’Etat du Mato Grosso est le point d’arrivage pour de nombreuxc migrants
venus d’autres Etats brésiliens ou de l’étranger. Le pape a évoqué leur situation en relevant que beaucoup de migrants finissent dans la misère. Il a
attiré l’attention sur les enfants qui sont les grandes victimes d’une migration incontrôlée et croissante, ainsi que sur les retombées dûes à la
misère qui voit se multiplier la délinquance, l’abandon, les vices...
Pour le pape, les organismes publics et les organisations communautaires
et internationales doivent prendre conscience de ce sérieux problème et
adoopter des mesures politiques et sociales. Jean Paul II a encore précisé
que "le problème des migrations n’est pas seulement socio-économique ou politique, mais qu’il est aussi et avant tout un défi à la charité et à la
justice du monde".
Les droits des indigènes
Dans l’après-midi, le pape a rencontré à Cuiaba un groupe d’indigènes
qui représentait les quelque 220’000 Indiens qui vivent encore au Brésil.
Dans son discours, Jean Paul II a garanti "aux chers frères Indios" que
l’Eglise a été et continuera à être toujours" à leurs côtés pour défendre
leur dignité d’êtres humains, pour défendre leurs droits à une vie adéquate
et tranquille dans le respect des valeurs positives de leurs traditions, de
leurs coutumes et de leur culture.
Ainsi qu’il l’avait déjà fait au cours de sa première visite au Brésil
en 1980, le pape a souhaité qu’"on puisse arriver, pour tous les problèmes,
à des solutions justes et réalistes afin de garantir aux "Indios" le droit
d’habiter sur leur propre terre dans la paix et la sérénité, sans la peur
d’être chassés par un autre, et avec la certitude de pouvoir posséder un
espace vital afin d’assurer leur survie et la conservation de leur identité
comme groupe humain et comme peuple.
Le pape a encore dit recevoir "avec une grande douleur les nouvelles qui
lui arrivent sur les violations de ces droits", violations "dictées par le
profit et par des intérêts cachés..." "Devant le Créateur, tous les hommes
ont la même valeur et une immense dignité", a déclaré le pape qui a demandé
à Dieu d’illuminer les responsables brésiliens afin que soient trouvées des
solutions sages et efficaces pour "ces situations blâmables".
Au terme de son discours, le pape a parlé des missionnaires du passé et
d’aujourd’hui, en regrettant que certains aient tenté de les dénigrer selon
une vision déformée, plus politique et idéologique que religieuse, de
l’histoire de l’évangélisation au Brésil.
L’avertissement aux jeunes
La rencontre avec les jeunes a mis un terme à la visite du pape à Cuiaba. Dans le Palais des sports de l’Université fédérale du Mato Grosso, le
pape s’est adressé aux jeunes en les exhortant à offrir "leurs coeurs
grands ouverts à Jésus", en avertissant aussi qu’il y a "beaucoup de personnes qui, hélas, ont érigé comme un faux Dieu l’emploi égoïste du sexe ou
ont tenté de combler leur propre vide intérieure en se réfugiant dans l’alcoolisme et dans les drogues". (apic/jt/pr)