« Votre présence dans les périphéries de l’Occident est un signe », a déclaré le pape Léon XIV à des membres de plusieurs communautés gitanes, roms et sintés, rassemblées au Vatican ce 18 octobre 2025 à l’occasion de leur jubilé. Il a dénoncé le rejet dont ils font l’objet et les a invités à partager leur culture et leur foi afin de dépasser les « méfiances réciproques ».
Une chaleureuse atmosphère régnait ce matin dans l’Aula Paul VI au Vatican, où près de 4 000 Roms, Sintés et Camminanti – diverses communautés ethniques itinérantes – se sont retrouvés pour célébrer leur jubilé. Violonistes virtuoses, chanteurs de flamenco et guitaristes de jazz se sont succédé sur scène, pour la plus grande joie des pèlerins, heureux de voir leurs cultures respectives honorées. En fin de matinée, le pape est venu participer à cette rencontre jubilaire et a été accueilli sous un tonnerre d’applaudissements.
Lisant un message préparé pour l’occasion, le pape a remercié tous les pèlerins pour leur présence. Il a rappelé les précédentes rencontres marquantes entre la papauté et leurs communautés, notamment celle, fondatrice, de Paul VI à Pomezia en 1965, mais aussi celles avec Benoît XVI en 2011 au Vatican et avec François en 2019 en Roumanie. Comme l’avait fait Paul VI, le pontife a d’ailleurs couronnée une statue de la Vierge « voyageuse », très vénérée par les populations gitanes.
Dans son intervention, il a souligné combien l’Église pouvait apprendre de leurs traditions, notamment de leur confiance totale en Dieu, de leur détachement vis-à-vis des biens matériels et de leur « foi exemplaire en actes et en paroles ». Il les a enjoints à poursuivre sur cette voie et à se libérer « de toute tentation de possession, de tout attachement injuste aux choses, afin de rester itinérants dans l’Esprit ».
Le pape a critiqué le rejet dont les communautés du voyage font encore l’objet au sein des « sociétés dites « avancées » », qu’il a qualifiées « d’injustes et non durables à bien des égards ». Il a estimé que ces sociétés ont généré « les plus grandes injustices sociales à l’échelle mondiale au cours du siècle dernier », rappelant qu’elles ont permis la hausse des inégalités économiques et suscité « des crises financières sans précédent, des catastrophes environnementales et des guerres ».
« Votre présence dans les périphéries de l’Occident est un signe auquel nous devons nous référer pour éliminer de nombreuses structures de péché », a assuré le pontife. Il leur a demandé d’être des « protagonistes du changement d’époque en cours », en « dépassant la méfiance réciproque » avec les autres populations, afin de partager leur culture, leur foi, la prière « et le pain, fruit d’un travail honnête ».
Encouragement à la pastorale des gens du voyage
Le pape a remercié tous ceux qui s’engagent dans l’accompagnement, le soutien et la pastorale des populations itinérantes. Il a particulièrement encouragé les initiatives dans les domaines de l’éducation, de la formation professionnelle, ainsi que de l’inculturation de la liturgie et de la catéchèse dans les langues parlées par les Roms, les Sintés et les Camminanti.
En fin de rencontre, le pontife a assisté à un petit concert de musique flamenco, interprété par des membres de la communauté gitane de Grenade, en Andalousie. Puis il a échangé avec quatre enfants, qui lui ont posé des questions sur l’amitié, la guerre, la tolérance et la pauvreté, avant d’aller longuement saluer les pèlerins dans l’assemblée. (cth.ch/imedia/mp)