Votation sur l’Espace Economique Européen (EEE) le 6 décembre (201192)
Lucerne, 20novembre(APIC) Caritas Suisse, après avoir pesé les avantages
et les inconvénients résultant de l’adhésion de la Suisse à l’Espace Economique Européen (EEE), sur laquelle le peuple suisse se prononcera le 6 décembre, se déclare favorable à l’ouverture de la Suisse à l’Europe.
Dans un communiqué publié vendredi à Lucerne, l’oeuvre d’entraide des
catholiques suisses concède que les répercussions de l’entrée dans l’EEE
sont en partie contradictoires. Mais Caritas Suisse en arrive tout de même
à la conclusion que cette ouverture contribuera à l’organisation d’une Europe "sociale et solidaire".
En cas d’acceptation le 6 décembre, l’ajustement de la législation suisse aux dispositions de la Communauté européenne aura des conséquences directes pour d’importants champs d’activité de Caritas Suisse, écrit-elle.
Il entraînera une réorientation de la politique suisse en matière de migration et d’asile, et aura également des conséquences en matière de politique
sociale et de protection des consommateurs.
En matière d’immigration, la libre circulation des personnes améliorera
la position des Suisses au sein de l’EEE ainsi que celles des ressortissants des pays de l’EEE séjournant en Suisse. Le statut de saisonnier devra
être supprimé et le regroupement familial autorisé. Par contre, déplore Caritas Suisse, conformément au modèle des "trois cercles" proposé par le
Conseil fédéral, la Suisse fermera ses frontières aux personnes originaires
des pays non membres de l’EEE.
Sur le plan de la législation sociale, les directives obligatoires de la
Communauté européenne - dans l’ensemble plus sévères que celles actuellement en vigueur en Suisse - permettront notamment l’amélioration de la sitution de la femme (égalité de traitement). Le côté négatif est représenté
par la suppression de l’interdiction du travail de nuit des femmes.
Dans le domaine des assurances sociales, l’entrée dans l’EEE apportera
des améliorations pour les assurés et l’obligation d’introduire le congé
maternité. La libéralisation du marché du travail risque par contre d’exercer une pression plus forte sur les salaires et les acquis sociaux, et de
rejeter les moins qualifiés hors du marché du travail, dans la pauvreté.
L’amélioration de la protection des consommateurs permettra aussi de mieux
lutter contre les abus dans le domaine du petit crédit. Faisant la balance
des aspects positifs et négatifs de l’EEE, Caritas Suisse plaide pour une
ouverture politique de la Suisse au niveau européen. (apic/com/be)