Alors que les employés du Vatican se sentent menacés par les réformes financières en cours dans le petit État, le pape François les a invités ouvertement à engager un dialogue avec les supérieurs pour « résoudre les difficultés », lors de la traditionnelle audience pour les vœux de fin d’année, le 21 décembre 2024.
Dans la Salle Paul VI moins fréquentée que les années précédentes, désertée par une grande partie des employés du Saint Siège – qui sont actuellement plus de 4.000 –, le pape a livré un discours prônant les valeurs de la famille et du travail. Puis, avant de conclure, il a improvisé quelques paroles, s’adressant à ceux qui éprouvent des « difficultés particulières ».
Cette audience avait lieu en effet dans un contexte de fortes tensions, le pontife ayant annoncé récemment de nouvelles restrictions budgétaires – notamment au dicastère pour la Communication – alors que le salaire du personnel n’a pas été indexé sur le coût de la vie depuis une quinzaine d’années. Le 21 novembre dernier, le pape annonçait également un projet de réforme du Fonds de pension du Vatican, prévenant que les décisions à venir seraient « difficiles à prendre ».
Ces perspectives ont fait réagir l’Association des employés laïcs du Vatican (ADLV), qui a fait valoir que « la grande majorité des employés du Vatican se sont déjà serré la ceinture » et sont « épuisés par les coupes ». L’organisme représentant les travailleurs du petit État s’est aussi inquiété de l’augmentation « du climat de tension et d’insatisfaction des salariés », après la publication de propos d’un employé anonyme très critique dans la presse italienne.
Ce matin, le pontife argentin a engagé les employés à parler aux administrateurs, aux cardinaux, et à lui-même. « Nous voulons résoudre toutes les difficultés », a-t-il promis. Mais, a averti François, « cela se fait avec le dialogue […] et non pas en criant ni en se taisant ».
Contacté par I.MEDIA, un salarié a souhaité que cette invitation du pontife « soit concrètement suivie par les responsables des différentes administrations et du Secrétariat pour l’économie » – artisan de la réforme – et qu’un dialogue social s’instaure véritablement avec l’ADLV. Et d’ajouter, dubitatif : « Qui sait si le message du pape sera suivi des faits ? » (cath.ch/imedia/ak/mp)