Londres, 15février(APIC) Dans l’introduction à la nouvelle édition de
l’Annuaire des paroisses de Grandes-Bretagne pour l’année 1988-1989,
l’évêque Kallistos (Ware), théologien orthodoxe et professeur à l’université d’Oxford (Grande-Bretagne), fournit des statistiques sur l’orthodoxie
en Grande-Bretagne et donne sont point de vue sur l’avenir. Plus qu’un bilan de l’implantation de l’Eglise orthodoxe dans ce pays, cette réflexion
tente de dégager certaines perspectives ecclésiastiques dans l’optique d’un
renforcement de l’enracinement local.
Selon les dernières statistiques, il existe en Grande-Bretagne 143 paroisses ou communautés orthodoxes, réparties en 9 juridictions, la plus importante numériquement étant celle de l’archevêché du patriarcat oecuménique (métropole de Thyateire) avec plus de la moitié des paroisses, suivie
par le diocèse du patriarcat de Moscou et celui du patriarcat de Serbie.
Onze évêques, dont 8 dépendant du patriarcat oecuménique, et 116 prêtres
assument la direction pastorale de ces paroisses qui sont, en général, de
fondation récente: dans 80% des cas, il s’agit de paroisses créées au cours
de ces 25 dernières années. La comparaison avec des statistiques plus anciennes permet de mesurer expansion de l’Eglise orthodoxe en un peu plus
d’un quart de siècle. En 1962, en effet, il n’y avait, en tout, que 29 paroisses avec 5 évêques et 37 prêtres.
Ainsi, comme le rappelle l’évêque Kallistos, "la présence orthodoxe en
Grande-Bretagne est, à la fois, ancienne et nouvelle": ancienne, d’un point
de vue historique, car elle remonte au XVIIe siècle avec la première paroisse de Londres; nouvelle, d’un point de vue sociologique, car l’on assiste actuellement à une véritable implantation sociale et culturelle.
Entre 1945 et 1970, le flot d’émigrés, venus soit d’Europe de l’Est soit
de Chypre, a constitué l’élément majeur de cet accroissement. La communauté
chypriote, estimée entre 150.000 et 200.000 personnes, a notamment nécessité de nouvelles structures paroissiales, en particulier dans le grand
Londres.
"Nous avons cessé d’être une Eglise d’étrangers, une Eglise de la ’diaspora’, et nous nous transformons en une Eglise locale avec ses propres racines culturelles", estime l’évêque Kallistos, qui définit l’évolution actuelle comme "une période de transition". Cette mutation, comme dans tant
d’autres pays d’Europe occidentale, soulève de graves problèmes qui incitent l’évêque à formuler certaines observations. Il souligne notamment la
vulnérabilité de la jeunesse: l’absorption et l’aculturation des deuxième
et troisième générations issues de l’émigration risquent d’entaîner leur
dissolution dans la société britannique, mais aussi, dans un second stade,
une désaffection religieuse. (apic/sop/pr)