Viste pastorale de Jean Paul II au Mexique (090590)
Rome/Mexico, 9mai(APIC) Le pape Jean Paul II s’est exprimé mardi à Auguascalientes, au troisième jour de sa visite au Mexique, à propos de la normalisation des relations entre le Mexique et le Saint-Siège. Il a estimé
que ces relations s’améliorent: "Une nouvelle perspective de contacts entre
l’Eglise et la communauté politique du Mexique se dessine actuellement. Et
à cette étape de meilleure compréhension et de dialogue, l’Eglise veut offrir son propre soutien, a-t-il relevé. Autre temps fort de cette troisième
journée, la rencontre entre le pape et les jeunes Mexicains.
La question du nouveau rapport entre Etat et Eglise au Mexique encadré
dans les changements culturels en cours dans le pays a donc été au centre
du discours de Jean Paul II prononcé à l’aéroport d’Aguascalientes, une
ville de 360’000 habitants, capitale de l’Etat du même nom. Devant une
forte délégation d’enseignants mexicains, le pape a revendiqué le rôle du
christianisme dans le domaine de l’instruction. Il a en outre relevé "qu’en
ce moment la culture et l’instruction au Mexique s’ouvrent à des horizons
plus vastes. L’Eglise peut offrir sa contribution sans sortir de ses compétences spécifiques". Le problèmes de l’instruction, qui est de la responsabilité de tous, a continué le pape, s’impose à l’opinion publique et éveille une nouvelle attention dans les instances politiques.
L’Eglise de son côté regarde avec confiance la culture mexicaine, a-t-il
souligné en s’élevant contre les accusations selon lesquelles l’Eglise
freine le progrès dans le domaine culturel et scientifique.
Face aux jeunes et contre la corruption
Au cours de la messe célébrée en début d’après-midi dans le hameau de El
Rosario, à San Juan de los Lagos, Jean Paul II a rencontre les jeunes du
Mexique. C’était l’occasion pour le pape d’affirmer que les jeunes doivent
s’opposer à la corruption politique, au trafic de drogue et travailler pour
bâtir la justice dans leur pays. "Ne détruisez pas vos qualités et vos valeurs en vous mettant au service du mal! s’est exclamé le pape en ajoutant:
"Vous laisseriez-vous tromper par ces pouvoirs qui prétendent vous transformer en marionnettes et instruments au service d’une culture égoïste et
sans horizon? Ne cédez pas le don précieux de votre vie à la puissance destructrice de la drogue et de la violence. Ne recherchez pas les réponses à
vos problèmes à travers l’évasion, l’hédonisme, la discothèque, la drogue,
l’indifférence, le pessimisme et les paradis artificiels, mais devenez protagonistes de la nouvelle évangélisation pour un Mexique plus juste", a
conclu le pape dans son message à la jeunesse du pays.
Solidarité avec les peuples et reprise du dialogue Saint-Siège-Mexique
Achevant à 20h. sa troisième journée au Mexique, Jean Paul II, dans un
nouveau discours, a abordé les problèmes de la dette, de la question des
réfugiés dans le monde entier et des nouveaux rapports entre le Saint-Siège
et le Mexique. C’était au cours de la rencontre dans les jardins de la délégation apostolique de Mexico avec le corps diplomatique accrédité au Mexique. "Les moyens techniques ne suffisent pas pour résoudre les graves
problèmes qui menacent l’équilibre international", a-t-il notamment affirmé
au sujet de la dette qui est un problème dramatique pour un pays comme le
Mexique. Souvent, a poursuivi Jean Paul II, le mécanisme qui devait servir
aux pays en voie de développement a freiné ou même accentué le sous-développement. "La solidarité entre les peuples et la mise en valeur de la dimension éthique que cette crise emprisonne restent pour le pape les moyens
de mieux encadrer le problème".
Et c’est encore la solidarité qui doit jouer pour les réfugiés, a conclu
le pape, "car la communauté internationale ne peut réduire ces situations
dramatiques à des problèmes exclusivement économique ou politique alors
qu’elles représentent une menace à la dignité de l’être humain".
S’exprimant à propos de l’échange entre le Saint-Siège et le Mexique
d’un envoyé personnel spécial pour la reprise d’un dialogue après 120 ans
d’interruption entre les deux Etats, Jean Paul II a estimé que c’est là la
démonstration de la vocation de service et de la sollicitude de l’Eglise
pour le bien spirituel et social des peuples. "Une sollicitude pour les valeurs suprêmes de la paix, de la solidarité entre les peuples et de la dignité de l’être humain, qui pousse l’Eglise à être présente dans le domaine
des relations internationales où sans interruption sont prises tant de décisions qui intéressent justement la dignité humaine".
Rappelons la nomination, le 24 avril dernier, de Mgr Girolamo Prigione
comme envoyé spécial permanent auprès du gouvernement mexicain. Il était
jusqu’alors délégué apostolque à Mexico. (apic/al/pr)