Visite pastorale du pape au Mexique (100590)
Mexico/Durango, 10mai(APIC) Au quatrième jour de son périple mexicain,
mercredi, le pape Jean Paul II s’est rendu dans une prison de Durango, au
nord du pays, où il a rencontré quelque 1’200 détenus. Les mettant en garde contre la tentation du désespoir, il leur a demandé de ne pas désespérer
de leur réinsertion dans la société. Il a prié pour qu’ils bénéficient
d’une "procédure juste, humaine et rapide" et pour que soient respectés
"leurs droits légitimes à la culture, à la santé, à la pratique religieuse
et à un salaire correspondant au travail accompli". Un moment fort et imprévu a marqué cette visite, quand le pape n’a pas hésité à se diriger vers
les prisonniers pour les saluer.
Mais c’est surtout le discours adressé par Jean Paul II aux chefs d’entreprise qui a retenu l’attention. Le pape leur a adressé une mise en garde: "La défaite du système communiste n’implique pas un jugement positif
sur le capitalisme libéral qui, surtout en Amérique latine, continue de
créer pauvreté et déséquilibre". Le Mexique, avec 94 milliards de dollars
de dette extérieure, est le second débiteur des pays en voie de développement, derrière le Brésil.
Se référant à la crise des pays de l’Est, le pape a relevé que ces événements ont été parfois interprétés comme "le triomphe du capitalisme libéral. On voudrait pousser cette analyse, a-t-il poursuivi, jusqu’à présenter
ce système triomphant comme l’unique voie possible. Ceci évite le jugement
critique et nécessaire sur les conséquences que le capitalisme a produit,
au moins jusqu’à ce moment, dans les pays dits du tiers monde. La doctrine
sociale de l’Eglise ne condamne pas en soi une théorie économique, mais elle juge les effets de son application historique".
Encore loin d’un idéal de justice...
Dans le cas précis du Mexique, le pape a constaté qu’on est encore loin
d’un idéal de justice, tant que subsistent "de grandes majorités dépourvues
de moyens les plus élémentaires", Jean Paul II a ici dessiné le profil du
nouveau chef d’entreprise. Il doit être animé par un esprit au service du
bien commun et du travail de l’homme, lequel ne peut être considéré simplement dans une perspective commerciale. On ne peut donc, a ajouté le pape,
mettre la communauté nationale au service d’intérêts particuliers.
Dans ce même ordre d’idées, Jean Paul II a souligné les responsabilités
des chefs d’entreprise à l’égard de l’environnement. "Il s’agit, a-t-il
dit, d’un problème qui regarde l’humanité dans son ensemble, puisque les
dommages infligés à l’environnement ont augmenté rapidement ces derniers
temps. Les modes d’exploitation doivent changer, parce que la sauvegarde de
la nature est un devoir moral".
Elargissant son regard à l’ensemble du continent latino-américain, le
pape a souhaité la mise en oeuvre d’un projet économique capable de lui
donner un souffle nouveau afin que l’Amérique latine devienne un interlocuteur sur la scène internationale.
Une centaine de prêtres ordonnés par le pape
Le pape Jean Paul II a terminé son voyage à Durango par une visite à la
cathédrale, avant de présider une messe au cours de laquelle il a procédé à
l’ordination de 100 prêtres. "Vous êtes les prêtres d’une nouvelle ère
d’espoir pour le Mexique", leur a-t-il dit en les invitant à être des "témoins de la vérité, de la justice, de l’amour, spécialement envers les plus
démunis. (apic/cip/jt/pr)