Visite pastorale de Jean Paul II en Tanzanie (040990)
et des méthodes artificielles de contrôle des naissances
Mwanza, 4septembre(APIC) Trois étapes dans trois villes, Mwanza, Tabora
et Moshi, figuraient au programme du pape au quatrième jour de sa visite
pastorale en Tanzanie. Le rôle des laïcs dans l’Eglise, mais aussi et surtout une sévère condamnation de l’avortement, qualifié "d’abominable délit", et des méthodes artificielles de contrôle des naissances ont été les
points marquants des discours du pape. Jean Paul II s’est une nouvelle fois
élevé contre ces pratiques au cours d’une messe célébrée mardi matin à
Mwanza, ville portuaire de quelque 200’000 habitants, située sur la rive
méridionale du lac Victoria. Durant le même discours, Jean Paul II a mis en
garde les fidèles contre les pratiques de la sorcellerie. La bénédiction
d’un Centre pastoral à Moshi à mis un terme à sa journée.
"La dignité de chaque personne humaine, depuis sa conception jusqu’à la
mort naturelle, doit être respectée", a réaffirmé le pape. En précisant:
"Ce devoir moral est particulièrement important aujourd’hui devant les nouveaux dangers qui menacent la vie humaine innocente et la sainteté du mariage". Parmi ces menaces, a ajouté le pape, "j’inclus "l’abominable délit"
de l’avortement et les méthodes artificielles de contrôle des naissances
qui sont contraires à la "vérité", à l’amour matrimonial comme "don" à travers lequel le mari et les femmes deviennent collaborateurs de Dieu dans le
don de la vie d’une nouvelle personne humaine".
La condamnation par le pape des méthodes artificielles de contrôle des
naissances revêt une importance particulière dans une région où une grande
partie de la population est atteinte du sida et dans un continent qui connaît une grande explosion démographique.
Dans le même discours, le pape a mis l’accent sur le caractère "indissoluble du mariage", sur la famille "en tant que berceau de l’amour et de la
société humaine". Il a en outre mis en garde contre les pratiques de la
sorcellerie "qui conduisent à des formes d’esclavage et de fausses adorations".
En ce qui concerne les traditions du mariage, Jean Paul II a relevé
qu’il ne faut pas abuser "des traditions qui conduisent à des comportements
qui ne jugent la dignité et la valeur des personnes que sur la base de la
possession et de la richesse".
L’esprit de dialogue
Le pape s’est ensuite rendu en avion à Tabora, une ville de 93’000 habitants située au centre de la Tanzanie, pour y célébrer en début d’après-midi, dans un stade de la localité, un service de la Parole sur "La vocation
et la mission des laïcs dans l’Eglise et dans le monde".
Au cours de la célébration, le pape a souligné "l’importance vitale" du
rôle des laïcs qui doivent "porter la foi dans les réalités de la vie de
chaque jour". Dans un pays où la majorité des gens sont musulmans, Jean
Paul II a ajouté: "Dans la diffusion de la Parole de Dieu, tant la proclamation que la catéchèse doivent être accompagnées d’un esprit de dialogue
avec "tous ceux qui ne partagent pas notre foi catholique, de manière à ce
que puisse croître la compréhension et l’harmonie".
Il a ensuite précisé que "les convictions religieuses et morales ne peuvent être imposées"; elles "doivent être acceptées grâce à leurs beautés
intrinsèques et au pouvoir de persuasion"
De Tabora, le pape s’est envolé pour Moshi, un important centre touristique au sud du Kilimandjaro, pour y visiter la cathédrale et y bénir un
nouveau Centre pastoral. (apic/jt/pr)