Visite pastorale de Jean Paul II à Tarente, dans les Pouilles (291089)
Tarente, 29octobre(APIC) La dignité du travailleur doit passer avant le
profit et la rentabilité économique, a estimé le pape Jean Paul II samedi à
Tarente, au cours de sa visite pastorale de deux jours dans les Pouilles,
au Sud de l’Italie. Devant quelque 6’000 ouvriers du grand établissement
sidérurgique "ILVA" de Tarente, ville portuaire s’ouvrant sur la mer Ionienne, Jean Paul II a encouragé les travailleurs du complexe industriel,
dont le nombre est passé ces dernières années de 26’000 à 16’000. Les ouvriers sortent d’ailleurs d’une grève de plusieurs semaines pour protester
contre les restructurations et les licenciements prévus.
Accueillant le souverain pontife, Mgr Salvatore De Giorgi, archevêque de
Tarente, a présenté cette visite pastorale comme un "signe d’espoir" pour
une ville et une province qui traversent un moment difficile. La province
de Tarente connaît un grand nombre de chômeurs, et est, comme de nombreuses
cités du Mezzogiorno, en proie au crime organisé et au trafic de drogue.
C’est dans cet établissement sidérurgique, où le pape Paul VI avait déjà
célébré la messe de la nuit de Noël le 24 décembre 1968, que Jean Paul II a
évoqué la crise dans le secteur de la sidérurgie et des répercussions que
chaque réduction des postes de travail a sur les familles et sur les
jeunes. L’Eglise, a-t-il dit en substance, ne peut pas rester indifférente
devant cette situation. Jean Paul II a souligné que la valeur et la
grandeur d’une entreprise ne doivent pas être mesurées uniquement avec des
critères de progrès technologique, de productivité et de rentabilité
économique et financière, mais aussi et surtout avec des critères
concernant le service à l’homme et à la vraie dignité du travailleur.
"Ce sont les hommes et pas les chiffres qui comptent"
Le pape Jean Paul II a relevé que le travail ne doit pas seulement être
considéré comme une source potentielle de biens économiques, mais comme une
occasion d’enrichissement personnel. Cela implique pour les travailleurs, a
dit le pape, l’engagement moral de s’acquitter de la meilleure façon de
leur tâche, et cela signifie pour ceux qui ont le pouvoir de décision, que
la valeur du travailleur et la dignité de son travail doivent prévaloir
lors des décisions, "parce que ce sont les hommes et non les chiffres qui
comptent". Portant un casque de protection, le pape a visité un laminoir et
un haut-fourneau, avant de prendre le repas de midi dans la cantine de
l’usine.
S’adressant aux autorités et aux citoyens de la ville, le pape a déclaré
que devant la crise persistante, économique et morale, il faut refuser les
tentations de la passivité, de l’impatience superficielle, de la spectacularité éphémère, ainsi que tout chemin illicite comme la spéculation, la
corruption ou la violence directe. (apic/cic/jt/be)