"En Iran, la vie culturelle arménienne est florissante"
Antélias/Beyrouth, 10février(APIC) "En Iran, la vie culturelle arménienne
est florissante et les autorités de Téhéran reconnaissent le ’statut personnel’ des chrétiens", affirme le catholicos Karekin II de retour d’une
visite officielle en Iran. Dans une interview accordée à l’agence APIC au
Catholicossat d’Antélias, au nord de Beyrouth, le chef de l’Eglise apostolique arménienne de Cilicie se déclare optimiste à propos du sort des quelque 200’000 Arméniens - ils représentent plus des 2/3 des chrétiens du pays
- qui vivent dans la République islamique d’Iran.
En Iran, souligne le catholicos Karekin II, la communauté arménienne,
par exemple, dispose de ses propres écoles. Il est vrai qu’en Iran, comme
en Syrie d’ailleurs, les directeurs sont nommés par le Ministère de l’Education et sont donc en grande partie des musulmans. Ces écoles communautaires enseignent le programme du ministère de l’Education. L’Etat exerce évidemment son contrôle et aucune matière ne peut être enseignée sans l’approbation du gouvernement. Mais l’enseignement de la foi chrétienne est "toléré et permis". Et Mgr Karekin d’affirmer que les autorités iraniennes donnent toute son importance à l’éducation religieuse et morale.
En outre, relève-t-il, la vie culturelle arménienne est florissante. Les
communautés peuvent organiser la célébration de toutes les fêtes culturelles nationales et ecclésiastiques, qui sont d’ailleurs toujours mêlées...
Le catholicos Karekin II a donné une causerie sur la tradition et la modernité au Centre culturel arménien du Mont Ararat: entre 2’000 et 3’000 personnes y ont assisté. La langue arménienne est permise comme matière d’enseignement dans les écoles arméniennes communautaires. Certes, la religion
est encore enseignée en persan, mais suite à une demande des Arméniens, les
autorités de Téhéran ont admis que cet enseignement peut être donné en arménien. L’application de cette décision prend toutefois un peu de temps.
Représentation parlementaire
Les autorités iraniennes ont permis la construction de nouveaux édifices
religieux: deux églises ont ainsi été récemment terminées. Notons toutefois
que la mission y est interdite. La communauté arménienne orthodoxe en Iran
a également deux députés arméniens au Parlement islamique du pays, tandis
que les Assyriens, les Juifs et les Zoroastriens ont droit à un représentant chacun.
Dans les domaines du "statut personnel" - religion, mariage, divorce,
filiation, héritage, etc. - les chrétiens d’Iran sont soumis aux statuts de
l’Eglise. Ainsi, pour la communauté arménienne, par exemple, c’est l’archevêché qui en est le centre. Il s’occupe des problèmes d’éducation et tout
ce qui concerne le statut. Tentée par l’émigration vers les Etats-Unis, le
Canada ou la France après la chute du shah et l’instauration de la République islamique, la communauté arménienne aujourd’hui a repris confiance.
Certains Arméniens émigrés reviennent en Iran pour leurs affaires, et quelques uns songent même à se réinstaller durablement.
Durant la guerre Iran-Irak, la communauté arménienne a perdu plus d’une
centaine de jeunes au front. Selon le catholicos, si les Arméniens d’Iran
peuvent fréquenter l’Université, ils ne peuvent cependant pas accéder aux
hautes fonctions de l’Etat, à l’instar de ce qui se passe dans les autres
pays islamiques.
Invité par le Ministère iranien des Affaires étrangères Ali Akbar Velayati en janvier dernier, Karekin II était accompagné par l’archevêque
Aram Keshishian, prélat des Arméniens du Liban et président du Comité central du Conseil oecuménique des Eglises (COE) à Genève. La délégation a pu
notamment s’entretenir avec le président iranien Hashemi Rafsandjani.
(apic/be)