Visite en Suisse du président sud-africain F. de Klerk (200590)
Berne/Fribourg, 20mai(APIC) Le président sud-africain Frederic W. de
Klerk est attendu en Suisse mardi 22 mai pour une visite de travail et il
sera notamment reçu par le conseiller fédéral René Felber, chef du Département des Affaires étrangères. Dans un communiqué de presse daté de samedi,
la Conférence des évêques suisses (CES) salue les développements positifs
en Afrique du Sud depuis l’entrée en fonction du président de Klerk, mais
estime que des pressions sont encore nécessaires pur obtenir l’abolition de
l’apartheid, dont les piliers principaux sont encore en place.
La CES salue les mesures positives prises ces derniers mois, dont l’une
des expressions visibles est la libération du chef historique de l’ANC,
Nelson Mandela, et la légalisation de l’organisation antiapartheid. Les
évêques suisses ont pris contact avec leurs confrères sud-africains au début du mois pour connaître leur attitude face aux derniers développements.
En signe de solidarité, et en accord avec le Conseil de la Fédération des
Eglises protestantes de la Suisse (FEPS), la CES répercute la position des
évêques catholiques sud-africains, dont l’analyse est partagée par le Conseil sud-africain des Eglises (SACC).
L’apartheid n’a pas été démantelé
Les évêques catholiques d’Afrique du Sud saluent les "initiatives courageuses" du président de Klerk, comme la libération de Nelson Mandela et la
rencontre avec l’ANC, mais rappellent que ce sont les pressions intérieures
et extérieures qui ont forcé le gouvernement de Pretoria à se mettre à la
table des négociations. Et, de l’avis des évêques, ces pressions sont encore nécessaires pour qu’il continue à négocier jusqu’à ce qu’une solution
juste soit trouvée et non pas une nouvelle forme d’apartheid. En effet, affirment-ils, aucun changement fondamental n’a encore eu lieu en Afrique du
Sud : les lois régissant l’apartheid sont toujours en vigueur, comme la loi
sur la répartition de l’habitat selon les races (Group Areas Act), la loi
sur l’enregistrement de la population selon l’appartenance raciale (Population Registration Act). Ils relèvent également qu’en Afrique du Sud, il y a
toujours l’état d’urgence.
Le SACC et les évêques sud-africains demandent des mesures rapides, comme la levée de l’état d’urgence, la libération de tous les prisonniers politiques, la levée de l’interdiction des organisations déclarées illégales,
l’arrêt de toutes les poursuites judiciaires contre les prisonniers politiques et la cessation immédiate des exécutions. La Conférence des évêques
suisses demande pour sa part au Conseil fédéral d’encourager le président
de Klerk à mettre en oeuvre les mesures demandées par la majorité noire et
de poursuivre sans compromis les pas déjà entrepris vers une abolition
totale de l’apartheid. (apic/com/be)