Le président libanais Joseph Aoun a été reçu par le pape Léon XIV le 13 juin 2025 au Vatican. Il s’agissait de la deuxième rencontre entre les deux hommes, qui s’étaient déjà salués au terme de la messe d’ouverture du pontificat, le 18 mai dernier.
Le chef de l’État du Pays du Cèdre s’est ensuite rendu à la secrétairerie d’État, où il s’est entretenu avec le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, accompagné par Mgr Mirosław Wachowski, sous-secrétaire pour les Relations avec les États. Cette réunion en secrétairerie d’État a permis de mettre en valeur les « bonnes relations bilatérales » entre le Liban et le Saint-Siège. Les deux parties ont salué « le rôle constant et traditionnel de l’Église catholique dans la société libanaise ».
La rencontre a aussi permis d’exprimer « le souhait que le pays, à travers le processus de stabilisation et de réformes, connaisse une nouvelle saison de concorde politique et de reprise économique, qui lui permette de renforcer les idéaux de coexistence entre les religions et de promotion du développement qui le caractérisent ».
Le président libanais et les responsables de la diplomatie pontificale ont aussi abordé le « besoin nécessaire et inévitable de favoriser la pacification de l’entière région du Moyen-Orient », indique le communiqué diffusé par le Bureau de presse du Saint-Siège. Le contenu des échanges entre le pape et le président libanais n’a pas été dévoilé.
Cette visite s’inscrit dans un contexte extrêmement tendu au Moyen-Orient, après les frappes israéliennes contre le programme nucléaire iranien. Le Hezbollah, mouvement chiite allié à l’Iran et très influent au Liban, a dénoncé ces frappes qui « menacent d’enflammer toute la région ». Néanmoins, le Hezbollah n’entend pas lancer d’attaques sur Israël, a assuré l’un de ses responsables à l’agence Reuters.
Ce mouvement est sorti très affaibli de la guerre qui l’a opposé à Israël entre le 8 octobre 2023 – au lendemain de l’offensive du Hamas contre l’État hébreu – et le 27 novembre 2024. Entre 500 et 4.000 membres du Hezbollah ont péri, parmi lesquels son chef Hassan Nasrallah, et les combats ont aussi coûté la vie à plus de 4.000 civils libanais et provoqué le déplacement de plus d’un million d’habitants au sud du pays. Malgré un cessez-le-feu, des accrochages armés sporadiques se poursuivent depuis l’automne 2024.
L’espoir d’une visite du pape
Le président Joseph Aoun a été élu à la présidence du Liban le 9 janvier 2025, après une longue période de vacance du pouvoir présidentiel, les partis ne parvenant pas à s’accorder sur le nom du successeur de Michel Aoun – sans lien de parenté avec le président actuel – dont le mandat est arrivé à échéance le 31 octobre 2022. Selon le principe de répartition confessionnelle des différents postes de l’État libanais, le président de la République doit nécessairement être un chrétien maronite, et donc un catholique.
Lors de leur entrevue du 18 mai dernier à la basilique Saint-Pierre, le président Joseph Aoun avait transmis au nouveau pape une invitation à visiter le Liban. Jean Paul II est venu en 1997 et Benoît XVI y a effectué son dernier voyage apostolique en 2012, mais le pape François, dont un projet de visite avait été annoncé pour juin 2022 sans se concrétiser, ne s’est jamais rendu dans le Pays du Cèdre.
Le Vatican ne s’est pour le moment pas prononcé sur un tel projet de visite papale, mais la bonne réputation du nouveau président, ancien chef d’état-major de l’armée et considéré comme une figure d’autorité et de consensus, pourrait ouvrir une opportunité. Le rétablissement du poste de chef de l’État constitue en effet un élément protocolaire et pratique essentiel pour préparer un déplacement papal. Signe de l’attention portée par le Saint-Siège au Liban, le cardinal Parolin s’était entretenu avec Joseph Aoun au téléphone quatre jours après son élection pour le féliciter.
Mais après l’État, l’Église locale traverse à son tour une forme de vacance du pouvoir puisque le cardinal Bechara Raï, patriarche de l’Église maronite, s’est fracturé la hanche en trébuchant sur sa soutane durant la messe de Pâques, le 20 avril dernier. Il a été hospitalisé après avoir tenu à poursuivre la célébration de cette liturgie, malgré la proposition faite par le président Joseph Aoun en personne, qui était présent, de l’interrompre.
Le cardinal libanais n’a donc pas pu se rendre à Rome pour les obsèques du pape François, ni pour les congrégations générales et la messe d’installation de Léon XIV. Âgé de 85 ans, il n’est plus cardinal électeur en cas de conclave. (cath.ch/imedia/cv)