Visite du pape Jean-Paul II en Afrique australe (260788)
Fribourg, 26juillet(APIC) Du 10 au 20 septembre prochain, le pape JeanPaul II visitera cinq Etats de l’Afrique australe. A son programme le Zimbabwe, le Botswana, le Swaziland, le Mozambique et le Lesotho, pays totalement enclavé dans un autre: l’Afrique du Sud, que le pape ne visitera pas
en dépit de l’invitation reçue. Lors de ce voyage, le pape devrait se prononcer sur le régime de l’apartheid et sur le problème des réfugiés et des
personnes déplacées qui devient de jour en jour plus grave.
Le nombre de personnes déracinées a davantage augmenté ces derniers
temps en Afrique australe que dans toute autre région du monde. Plus d’un
million de femmes, d’hommes et d’enfants ont été contraints de quitter leur
foyer en quête de la paix et de la sécurité qu’ils n’avaient plus chez eux
en raison des conflits qui s’y déroulent. Au mépris des populations civiles.
En 1984, rapporte le dernier numéro du mensuel "Réfugiés", édité par le
Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), la population
réfugiée dans toute la région s’élevait à 400.000 personnes. Elle atteint
maintenant plus d’un million d’êtres humains. A fin mars 1988, on enregistrait 166.250 réfugiés au Zimbabwe, dont 66.000 du Mozambique, pour
5.225 autres au Botswana. Le Swaziland en accueillait pour sa part 26.700
et le Lesotho quelque 4000, cependant qu’au Mozambique, on estime à
3.310.200 le nombre des personnes touchées et déplacées à l’intérieur du
pays. Cela pour ne parler que des pays dans lesquels se rendra le pape. La
situation étant tout aussi dramatique dans les autres pays de la "ligne de
front": Angola, Zambie, Tanzanie et Malawi.
Les pays d’accueil peuvent difficilement faire face
Cet afflux massif soumet à d’énormes pressions les pays d’accueil et
grève les ressources limitées dont ils disposent pour combattre les catastrophes naturelles et assurer leur développement économique. Quant à
l’aide extérieure qui pourrait leur faire espérer supporter le fardeau des
réfugiés et sauvegarder le "bien-être" de leurs propres citoyens, elle
représente bien peu pour faire face aux besoins.
Dans ce contexte, le rôle que jouent les Eglises en Afrique australe est
d’une importance vitale. A ce propos, fait remarquer le révérend Emilio
Castro, secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE), les
Eglises fournissent une assistance aux réfugiés et aux personnes déplacées,
et défendent les droits de ceux qui sont victimes de l’apartheid tout en
attirant l’attention de la communauté internationale sur les problèmes de
cette région.
Des maux endémiques
Ce problème, le pape Jean-Paul II l’a également évoqué le 15 avril dernier à Rome, avec les évêques du Mozambique reçus en audience. A cette occasion, il a notamment attiré l’attention sur le sort des réfugiés en invitant à s’interroger sur le commerce des armes, qui se poursuit quand bien
même les besoins de première nécessité ne sont toujours pas satisfaits. Le
pape avait en outre invité les prélats à analyser les causes de la situation: la plus connue, pour le Mozambique, est le conflit armé qui sème "la
mort, la désolation, la pénurie, le dénuement et diverses autres formes de
souffrance qui finissent par devenir des maux endémiques". Citant sa récente Encyclique sur le développement, Jean-Paul II devait alors déclarer:
"les pays qui ont récemment acquis leur indépendance ont besoin d’une aide
efficace et désintéressée de la part des nations riches.
Or le Mozambique figure précisement au programme de la visite du pape.
Ce pays sera du reste sa dernière étape en Afrique australe, du 16 au 19
octobre, avec deux rendez-vous connus pour l’instant: la capitale Maputo et
la ville portuaire de Beira. Auparavant, le Saint-Père aura fait une courte
étape au Swaziland. Un pays d’un peu plus de 550.000 habitants et qui depuis 1984 voit une arrivée massive de réfugiés venus du Mozambique. Au
point de provoquer aujourd’hui un sérieux manque d’espace à Ndzevane, un
centre d’accueil doté d’une école, la plus grande du pays avec ses 1135
élèves.
Autres étapes, avant le Swaziland: le Zimbabwe, du 10 au 13 septembre,
ou il visitera la capitale Harare et la ville de Bulawayo; le Lesotho enfin, du 14 au 16 après une brève escale à Gaborone, capitale du Botswana.
Aujourd’hui dans toute l’Afrique australe, des millions de gens, déracinés
par ces conflits attendent le jour ou ils pourront enfin retourner chez
eux.(apic/pr)