Visite du pape Jean Paul II en Afrique
"Les idoles aux pieds d’argile se sont écroulées"
Bissau, 28 janvier (APIC) Le pape Jean Paul II a quitté samedi matin les
Iles du Cap Vert pour la Guinée Bissau, également ancienne colonie portugaise, deuxième étape de sa visite pastorale d’une semaine en Afrique. Au
cours de la cérémonie d’adieu sur l’aérodrome de Praia, la capitale capverdienne, le pape a prononcé en présence du président Pereira "une parole
d’estime et de sympathie" à l’adresse des nombreux émigrés capverdiens (que
nous rencontrons notamment comme travailleurs agricoles dans certains villages et alpages suisses).
Le pape a évoqué les problèmes douloureux auxquels ils doivent faire face, comme le déracinement. Il a souhaité que leur sacrifice soit dûment récompensé, en améliorant la qualité de la vie dans leur propre patrie.
S’adressant ensuite dans son discours d’adieu à la génération actuelle,
"qui regarde déjà vers le troisième millénaire chrétien et qui a connu un
progrès considérable dans la domination de l’homme sur la nature et l’approfondissement des lois du comportement social", Jean Paul II a constaté
que "les idoles aux pieds d’argile se sont écroulées".
Appel à une répartition plus juste des biens au niveau mondial
Après une heure de vol, le pape est arrivé à l’aéroport Osvaldo Vieira
de Bissau, où il a été accueilli par le président de la République de Guinée Bissau, le général Joao Bernardo Vieira. Au cours de sa visite d’un
jour aux 50’000 catholiques du pays (6,5 % des 900’000 habitants de l’ancienne colonie portugaise), Jean Paul II a lancé un appel à une répartition
plus juste des biens au niveau mondial. Dans son discours d’arrivée, il a
souligné que la Guinée Bissau vit "un moment important et difficile", le
moment de se structurer en tant que nation et de s’affirmer comme membre de
plein droit dans le concert des nations. Il a rappelé que la vérité, la liberté, la justice, l’amour, la responsabilité et la paix sont les piliers
de tout modèle vraiment humain de société, et que dans une société où prévaut la primauté de l’homme, l’instruction doit nécessairement comporter
une éducation globale et intégrale qui tende à son humanisation.
Jean Paul II a indiqué que l’Eglise veut contribuer à vaincre les discriminations et les injustices en éduquant, en enseignant et en vivant "une
solidarité enracinée dans la conscience de la fraternité de tous les membres de la famille humaine". "Nous sommes tous réellement responsables de
tous", a-t-il lancé, en soulignant "les impératifs éthiques fondés sur la
destination universelle des biens de la terre". Le pape s’est ensuite rendu
dans la cathédrale de la capitale, où il a rencontré les maigres effectifs
du clergé et des religieux du pays. Malgré la colonisation d’une puissance
catholique, le Portugal, les catholiques sont cependant restés très minoritaires (55 % des habitants sont des adeptes des religions traditionnelles,
tandis que près de 35 % sont musulmans; les protestants sont moins de 1 %).
L’unique diocèse du pays ne compte que trois prêtres guinéens (diocésains)
aux côtés de 52 prêtres religieux, un diacre permanent, 12 religieux et 72
religieuses (dont une seule autochtone). L’évêque lui-même, Mgr Settimio
Arturo Ferrazzetta, est un franciscain d’origine italienne.
Un vaste chantier d’évangélisation
Le pape leur a rappelé qu’il sont impliqués dans une oeuvre d’évangélisation qui reste encore très vaste, priant pour que leur service de charité
rejoigne un nombre toujours plus grand de personnes. Il a aussi souhaité
que le futur synode africain offre à tous les chrétiens du continent "de
nouvelles méthodes et instruments adéquats pour une vaste et efficace action évangélisatrice". Citant les paroles de Paul VI, demandant à l’Afrique
d’assumer elle-même ce travail missionnaire, il a indiqué que la force avec
laquelle le christianisme est en train de croître aujourd’hui en Afrique
est telle qu’on peut dire maintenant que l’Eglise en Afrique dispose désormais des énergies suffisantes pour assurer sa croissance autonome. (apicjt/cip/be)