Maumere, 11octobre(APIC) Au troisième jour de son voyage en Indonésie,
Jean Paul II a quitté Djakarta pour gagner Dili, la capitale de Timor-Est
où il a fait une escale technique mercredi 11 octobre avant de se rendre à
Maumere, une ville d’environ 20’000 habitants au nord-est de Flores. Située
à l’est de Java, Flores est "l’île catholique" indonésienne. Dans un pays
où les catholiques forment à peine 3% de la population pour 85% de musulmans, cette proportion est inversée à Flores qui compte en effet 85% de
catholiques sur une population de 1’330’000 habitants.
Au cours d’une messe qui avait pour thème "Etre témoin du Christ avec
Marie", Jean Paul II a évoqué les débuts difficiles de l’évangélisation par
les Portugais qui virent le martyr de nombreux prêtres, religieux et
laïcs. S’exprimant au sujet de la situation florissante de l’Eglise aujourd’hui, le pape s’est réjoui d’y voir "de nombreux dons de l’Esprit"
tout en constatant le nombre croissant de vocations sacerdotales et religieuses sur l’île.
Jean Paul II a invité les fidèles à participer pleinement, en tant que
catholiques indonésiens, à la construction d’une société basée sur la justice. L’Indonésie, leur a-t-il dit, est confrontée à une tâche énorme:
"garantir une éducation et une meilleure formation, davantage de postes de
travail et des salaires justes, une répartition plus équitable des fruits
du développement économique et culturel". Il a rappelé enfin aux chrétiens
qu’ils trouvent le chemin d’un développement vraiment humain quand ils reconnaissent l’importance des réalités spirituelles dans leur vie et la nécessité de vaincre l’égoïsme et le péché".
Le service sacerdotal? Rien à voir avec un vague humanitarisme
Dans la soirée de ce même mercredi, Jean Paul II a rencontré un groupe
de séminaristes. Maumere compte deux séminaires, l’un de 300 et l’autre de
180 étudiants. Dans le discours qu’il leur a adressé, le pape n’a pas caché
que la tâche du prêtre n’est pas toujours facile, car il a, comme le
Christ, à faire face "au refus, au mépris et à la persécution".
Faisant part de deux préoccupations concernant le ministère sacerdotal,
Jean Paul II Il a d’abord mis en garde les séminaristes contre la tentation
de "réduire le service sacerdotal à un vague humanitarisme et à ne voir
dans les caractéristiques essentielles de la foi que de simples principes
inspirateurs sans rapport direct avec la vie quotidienne". Leur demandant
de ne pas permettre que leur ministère soit "sécularisé", il leur a rappelé
que "sans Dieu, l’homme est vraiment seul". En second lieu, le pape a rendu
ses auditeurs attentifs aux tâches spécifiques des prêtres, des religieux
et des laïcs. Les prêtres, a-t-il déclaré, ne doivent pas céder à "la tentation d’usurper le rôle des laïcs dans l’ordre temporel", afin de ne pas
compromettre leur tâche d’être "les pères de tous", au-delà des divers
points de vue, et de prêcher le message du Christ, afin que "la lumière de
l’Evangile brille sur toutes les activités des fidèles". (apic/jt/pr)