Visite du pape à Naples et dans sa région (111190)
Naples, 11novembre(APIC) Depuis vendredi, Jean Paul II est en visite à
Naples, capitale de la Campanie. Il se rendra dans plusieurs autres localités de la région avant de regagner Rome mardi. Une région que le président
italien Francesco Cossiga a récemment désignée, à l’occasion de l’assassinat d’un juge par la mafia, comme échappant au contrôle de l’Etat. La Campanie est une des "régions chaudes" de la péninsule italienne à cause de la
présence de la camorra, la mafia napolitaine.
Au cours des deux premiers jours de son voyage, le pape a à plusieurs
reprises et de manière explicite évoqué la réalité dramatique de Naples et
de la Campanie. S’adressant samedi aux habitants du quartier napolitain de
Scampia, il a affirmé: "Non, votre existence n’est pas facile ! La carence
en structures et en services, même indispensables, semble désormais devenue
chronique; le manque de maisons en oblige beaucoup parmi vous à vivre dans
des logements d’une extrême précarité (...). La crise du chômage devient
toujours plus aiguë avec les conséquences négatives liées au travail au
noir et au travail des mineurs. Trop d’enfant abandonnent précairement
l’école sans autre perspective que la rue, qui n’est souvent qu’une école
de délinquance et de déviation sociale". Le pape a également évoqué le développement de la toxicomanie et de l’alcool ainsi que l’exaspération de la
criminalité et de la violence, notamment de la part de la camorra.
Dans le stade de football de Naples, le pape s’est adressé à 60’000 jeunes en se demandant de combien de manières la violence s’exprime aujourd’hui dans leur ville. Il a cité la criminalité - on a compté l’année
dernière 312 personnes tuée par la camorra en Campanie -, mais aussi la
corruption et l’indifférence, qui est "une forme subtile de violence". Jean
Paul II a invité les jeunes à ne pas se décourager face à cette situation
et à ne pas céder à la tentation de se poser en victime. "N’ayez pas peur",
s’est-il écrié.
Une urgence: éduquer la conscience des jeunes générations
Durant sa rencontre avec le monde de la culture vendredi soir, le pape
avait souligné que le problème du mezzogiorno est avant tout un problème
moral, ajoutant que le devoir de tous est d’"éduquer avec ténacité et dévouement la conscience des jeunes générations". Devant les autorités civiles, se référant à un document sur le mezzogiorno publié par la Conférence
épiscopale italienne, Jean Paul II a parlé du "poids excessif" de la médiation politique. Il a en outre précisé que "dans un tel contexte les droits
deviennent des faveurs". Il a mis l’accent sur l’urgence de retrouver une
plus grande légalité.
Dimanche matin le pape a visité la prison Poggioreale, où sont détenus
plus de 2’000 prisonniers, dont 80% ont moins de 30 ans. Mardi il regagnera
Rome après avoir visité plusieurs localités de Campanie. (apic/jt/cor)