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    Exprimer des préoccupations ne peut suffire

    Visite du COE dans la Corne de l’Afrique

    Genève, 22 juillet 2002 (APIC) De retour d’une visite oecuménique de 16 jours dans la Corne de l’Afrique et en Tanzanie, une délégation du Conseil oecuménique des Eglises (COE), emmenée par son secrétaire général, le pasteur Konrad Raiser, a estimé que la complexité des relations interreligieuses dans la région est à prendre avec beaucoup plus de sérieux que la communauté oecuménique internationale ne l’a fait jusqu’à présent.

    "Nous ne pouvons pas nous contenter d’exprimer nos préoccupations à l’égard du fondamentalisme musulman sans admettre qu’il existe aussi un fondamentalisme chrétien", a déclaré le pasteur Raiser à son retour à Genève. Il a souligné que les chrétiens acceptent trop souvent l’idée reçue que leur rôle consiste à "contenir ou repousser" l’influence musulmane, mais que cela ne fait qu’inciter les deux parties à poursuivre leur lutte pour gagner du terrain et de l’influence.

    La visite de la délégation du COE avait pour objectif principal d’examiner les causes profondes du conflit. "Nous devons prendre nos distances à l’égard de la théorie selon laquelle c’est "l’injustice" qui constitue cette cause profonde". Il est d’avis que les questions politiques, la lutte pour le pouvoir, l’accès aux ressources naturelles, y compris la terre et les ressources minières, l’identité ethnique et religieuse, le militantisme religieux, le vide juridique et l’impunité sont au coeur des conflits que la région connaît actuellement.

    Situation inquiétante en Erythrée

    La délégation oecuménique a terminé sa visite en Erythrée. Le secrétaire général a fait part de sa "vive préoccupation" à l’égard de la situation de ce pays. "A première vue, l’accord entre l’Erythrée et l’Ethiopie est accepté, les frontières sont reconnues, la mission des Nations Unies se poursuit et les deux gouvernements semblent collaborer", fait-il observer. "Mais pour les gens qui étaient impliqués dans la guerre, cet accord est de pure forme. Leur haine et leur profonde désillusion réciproques sont encore loin d’être surmontées".

    La délégation s’est également rendue au Soudan du Nord et du Sud et a rencontré des représentants du gouvernement de Khartoum, de l’Armée populaire soudanaise de libération (SPLA), des Eglises et de la société civile. Cela alors que les deux parties sont en train de négocier sous l’égide de l’IGAD (Inter-gouvernmental Authority on Development). (apic/com/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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