Violation des droits de l’homme au Burundi: (270289)
"Un système d’apartheid"
Lausanne, 27février(APIC) Au Burundi, les droits de l’homme sont violés
quotidiennement, et non seulement par des arrestations arbitraires et des
assassinats, affirme la section Suisse romande du mouvement catholique pour
la paix Pax Christi, mais la minorité Tutsi au pouvoir exerce une oppression généralisée sur les Hutu, l’ethnie majoritaire. C’est dans la crainte
de nouveaux massacres interethniques que Pax Christi lance mardi une pétition pour les droits de l’homme au Burundi et adresse une lettre ouverte au
président de la République du Burundi, le major Pierre Buyoya.
Depuis 1965, plus de 300’000 Hutu, l’ethnie majoritaire (85 %) au Burundi, ont été tués par la minorité Tutsi (14 %) au pouvoir, à l’instigation
des gouvernements qui se sont succédés, affirme Pax Christi. Davantage encore se trouvent en exil. Dans sa pétition, le mouvement catholique demande
que cessent les emprisonnements, les mauvais traitements et les tortures en
prison ainsi que les exécutions arbitraires de Hutu en raison de leur
simple appartenance ethnique ou de leurs opinions.
Pax Christi demande qu’une commission internationale ait la permission
d’enquêter sur les massacres des populations dans le Nord-Est du pays en
août et septembre derniers. Elle souhaite que le gouvernement en trouve les
responsables et les fasse juger. La pétition demande en particulier le jugement de M. Arthémon Simbananiye, qualifié d’"auteur du plan visant à
l’extermination des Hutus", ainsi que des garanties pour la sécurité et le
retour des réfugiés burundais dans leur pays.
Au sujet des discriminations contre la majorité Hutu, Pax Christi
n’hésite pas à parler "de système d’apartheid" qui exclut presque entièrement les Hutu des structures de décision. La pétition souhaite ainsi que
l’égalité entre toutes les ethnies vivant au Burundi soit garantie en matière de formation, notamment au niveau secondaire et supérieur, et que
toutes les ethnies puissent avoir accès aux possibilités et garanties de
travail, à la participation dans les structures de décision ainsi que dans
les forces de sécurité (armée et police). Dans leur lettre ouverte au
président Buyoya, les responsables de Pax Christi saluent certes les efforts faits dans la composition du dernier Gouvernement d’Union nationale
formé en octobre dernier - 11 des 24 ministères sont depuis lors occupés
par des Hutu - mais mettent en doute leur véritable pouvoir, puisque toute
la structure ministérielle est chapeautée par le Comité militaire pour le
Salut national, composé uniquement d’officiers supérieurs Tutsi. (apic/be)