Villars-sur-Glâne : week-end de réflexion (130389)
Villars-sur-Glâne, 13mars(APIC) L’accompagnement humain et spirituel lors
de retraites, tel était le thème proposé les 11 et 12 mars par la maison de
retraites et de sessions de Notre-Dame de la Route, à Villars-sur-Glâne,
près de Fribourg. L’occasion pour les participants, prêtres et religieuses
engagés auprès des jeunes, d’écouter le Père Claude Flipo, Jésuite responsable du "réseau-jeunes jésuite" en France depuis 1987 et rédacteur à la
revue "Christus," développer les thèmes de la maturité humaine, de la vie
spirituelle et de l’accompagnement.
Autonomie, durée, relations vraies : tels sont pour le Père Flipo, dans
un monde de l’éphémère et de la jouissance immédiate, les qualités psychologiques nécessaires à l’épanouissement d’une expérience spirituelle qui,
si elle se veut authentique, doit imprégner toute l’existence. Il faut être
capable de dire "je", de faire un choix personnel, d’affirmer son autonomie
dans un monde de "l’intensité de l’instant"; il faut s’engager dans la durée, c’est-à-dire accepter le réel avec ses ambivalences; il faut pouvoir
nouer des relations qui dépassent le petit groupe ou l’on est reconnu, entrer dans leur vérité, donc accepter la différence.
Accompagner dans la prière
Quels moyens le Père Flipo propose-t-il pour accompagner les jeunes dans
une telle démarche ? Trois axes calqués sur la pédagogie de Dieu dans l’Ancien Testament et qui fonctionnent en interaction : une promesse, une forte
expérience que l’on désire vivre; la loi, nécessaire pour aller au Christ
et qui permet d’affronter le réel; une attente, qui intègre la durée.
Comment aider un jeune à prier et à durer dans la prière ? Une telle expérience suppose, pour le Père Flipo, une attitude d’accueil et d’écoute
fondée sur une conviction solide. L’accompagnateur doit d’abord poser sur
le jeune un regard de foi, convaincu que tout être humain a une expérience
de Dieu; sachant que seul l’Esprit-Saint apprend à prier, il doit l’aider à
prendre conscience que Dieu lui parle à travers les événements de sa vie.
L’accompagnateur doit se centrer sur l’expérience du jeune en le valorisant
: une telle démarche se fait dans une écoute attentive à découvrir les enjeux spirituels derrière les enjeux humains.
Passer du plan moral au plan spirituel
Accompagner c’est aussi passer du plan moral au plan spirituel dans la
découverte d’une religion qui est relation vivante avec quelqu’un. C’est
aider à entrer en dialogue avec Dieu, à franchir un seuil qualitatif :
vivre une expérience spirituelle ce n’est plus "dire ses prières", c’est
entrer dans une prière qui prend en compte toutes les dimensions de l’existence.
Si l’accompagnateur doit s’émerveiller avec le jeune et l’encourager, il
doit aussi posséder une capacité de discernement qui permettra d’éviter les
pièges. Il doit surtout l’aider à tenir bon dans la prière et chercher avec
lui sa façon d’avancer.
Proposer aux jeunes des retraites adaptées
Les participants ont aussi réfléchi à la manière d’accompagner les jeunes lors de retraites. Le Père Flipo a proposé un canevas pour animer des
retraites de cinq jours s’adressant à des jeunes de 18 à 25 ans. La
possibilité est offerte à chacun de vivre un temps fort basé sur la prière
personnelle et l’accompagnement individuel. Le jeune est invité à
s’exprimer sur sa vie et à réfléchir par lui-même à partir de textes
bibliques.
Le retraitant commence par réaliser que Dieu est l’auteur de toute vie
et analyse l’image qu’il se fait de lui; il est ensuite convié à entrer
dans l’Alliance en faisant de sa vie une réponse; il découvre alors que sa
réponse est divisée et fait l’expérience de la miséricorde divine; enfin il
réfléchit à sa place dans l’Eglise.
Les participants ont ensuite apporté leurs expériences de retraites
vécues avec des jeunes, découvrant l’importance de l’éveil à la prière et à
l’action et la nécessité d’une intégration dans la vie de l’Eglise après
ces temps de réflexion. Ils se sont interrogés sur les possibilités offertes aux jeunes désirant poursuivre et approfondir leur recherche dans leur
vie quotidienne.
Deux journées qui ont permis à chacun, à partir de ses engagements, de
réfléchir à sa façon d’accompagner les jeunes, de renouveler ses méthodes
et d’ouvrir des chemins d’initiation à la prière. (apic/cor)