Vietnam : un million de personnes (030889)
Paris, 3août(APIC/CIP) Une "nouvelle Pentecôte" au Vietnam ? C’est ce
qu’on peut lire dans une lettre de remerciement adressée au pape Jean
Paul II par le cardinal Trinh Van Can, archevêque de Hanoï, suite à la visite qu’a effectuée dans ce pays, durant la première quinzaine de juillet,
le cardinal Roger Etchegaray, président des Conseils pontificaux "Justice
et Paix" et "Cor Unum".
Dans une interview publiée par "La Croix" dans son édition du 3 août, le
cardinal français précise ce qu’il faut entendre par "nouvelle Pentecôte"
dans le cas du Vietnam. "C’est vrai, déclare-t-il, mais pas dans le sens
habituel d’une irruption de l’Esprit. Ce fut plutôt une explosion de
l’Esprit jusqu’ici comprimé, sans avoir pu jamais être étouffé. Personne ne
s’y attendait . Certains ont évalué à près d’un million les personnes
(chrétiennes ou non) qui se sont déplacées pour acclamer l’envoyé du pape.
Vous devinez mon émotion, car j’étais, - comme nulle part ailleurs - témoin
d’une Eglise qui ne vit que de l’Esprit et par l’Esprit, dans l’extrême
pauvreté de moyens et d’appui ministériel, par manque de prêtres, surtout
dans le nord."
Depuis le début du régime communiste, c’est la première visite
d’un cardinal à Hanoi qui est une des plus importantes Eglises d’Asie en
nombre et en vitalité - 6 millions de fidèles, soit près de 10 % de la population. Le cardinal Etchegaray a pu circuler du nord au sud (2.000) kilomètres, visitant onze diocèses en treize jours.
Le cardinal a rencontré par groupe la plupart des évêques (qui n’ont
guère l’occasion de se retrouver ensemble), mais aussi des communautés
religieuses qui demeurent prospères dans le sud avec des possibilités peu
à peu élargies d’insertion dans les oeuvres sociales de l’Etat, et surtout
des prêtres. "J’ai eu de nombreuses réunions avec des prêtres, admirables
de sérénité et de courage au milieu de leurs difficultés, affirme le
cardinal Etchegaray. On ne réalise pas la surchage de leur ministère et de
l’inconfort de leur vie. Les vocations ne cessent d’augmenter, mais le
système restrictif de recrutement rend de plus en plus précaire un corps
sacerdotal vieillissant."
L’envoyé du pape a été frappé par le contraste entre le nord et le sud,
par les inégalités de condition de vie ecclésiastiques. "J’ai, dit-il,
prôné sur place une sorte de péréquation - dont je mesure les obstacles sans laquelle l’Eglise du nord risque de devenir exsangue et les fidèles,
les jeunes surtout, démunis d’une formation chrétienne adaptée aux défis
d’une société qui s’ouvre pour le meilleur et pour le pire à la modernité."
Le contact avec les autorités ? "Elles étaient plus que consentantes à
ma visite, répond le cardinal, et elles ont facilité mes déplacements
intérieurs. Nous n’avons pas joué à cache-cache, et bien des points
délicats ont été abordés dans un climat de grande franchise. On peut
espérer, pour l’honneur et le bien du pays, que l’Eglise retrouvera
l’espace de liberté qui lui est nécessaire pour remplir sa mission
vietnamiens se déclaraient "résolus à rester solidaires du destin de la
pastorale dans l’esprit même de la lettre du 1er mai 1980 où les évêques
patrie." (apic/cip/mg)