Embarras de l’Eglise face à une proposition gouvernementale
Hanoï, 5 février(APIC) Au cours des dernières années, dans le nord du
Vietnam, un certain nombre de prêtres ont été ordonnés sans autorisation du
gouvernement. L’Etat serait prêt à reconnaître une cinquantaine de ces prêtres "clandestins" à condition toutefois qu’ils s’engagent à suivre un recyclage de deux ans au séminaire de Hanoï, annonce "Eglises d’Asie",
l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris. Les autorités religieuses vietnamiennes restent perplexes devant cette proposition qui
souligne l’autorité de l’Etat sur le choix des prêtres.
Les prêtres "clandestins" ont aujourd’hui un statut variable en fonction
des diocèses et des rapports qu’entretiennent les responsables religieux
avec les autorités locales. Dans certains diocèses, quelques uns ont un
statut comparable à celui des prêtres reconnus officiellement, d’autres
rencontrent beaucoup de difficultés à exercer leur ministère, certains, enfin, en sont totalement empêchés. L’Etat maintient toujours, pour le nord
comme pour le sud, l’obligation de la permission pour l’ordination de tout
nouveau prêtre, et la non-reconnaissance des prêtres ordonnés "clandestinement".
La proposition de l’Etat consiste à reconnaître officiellement, selon
une liste établie par lui, 50 prêtres clandestins de divers diocèses du
Nord (à l’exception de Vinh et de Thanh Hoa). Ces prêtres devraient
effectuer un recyclage de deux ans à Hanoï. Les responsables du diocèse de
Hanoï s’interrogent sur la nécessité de ce recyclage dispensé aux seuls
prêtres "non officiels", de fait aussi bien formés que les autres. Cette
proposition de l’Etat peut aussi être interprétée comme une réaffirmation
de son autorité sur le choix du clergé. (apic/eda/mp)