Des changements réels, déclare Mgr Nguyên Van Thuân, 13 ans détenu
Rome, 15mai(APIC) Mgr Nguyên Van Thuân, archevêque coadjuteur de ThanhPhô Hô Chi Minh (Vietnam), libéré en novembre dernier pour des raisons humanitaires par le gouvernement vietnamien après 13 ans de détention sans
procès, a récemment accordé une interview à Radio Vatican dans laquelle il
évoque les éléments les plus importants de ses 13 ans de captivité.
Autorisé à se rendre en Australie pour rendre visite à ses parents âgés,
et de passage à Rome, Mgr Nguyên Van Thuân raconte que l’expérience vécue
lui a montré combien il est important de vivre pleinement le moment
présent. Car, dit-il, tout le reste nous échappe: "Si l’on vit pleinement
la charité dans le moment présent, on trouve la paix. C’est par cette succession de moments vécus en plénitude que l’on construit une vie pleinement
épanouie". Par cette expérience, poursuit-il, "j’ai également touché du
doigt que la vie de l’Eglise est faite d’activités diverses".
S’exprimant à propos de sa détention, Mgr Nguyên Van Thuân déclare
n’avoir pas été en prison mais en résidence surveillée, à Hanoï principalement, pendant les six dernières années. "J’ai pu recevoir du pain et du vin
pour célébrer l’eucharistie", confie-t-il en relevant avoir reçu des
lettres de sa famille mais aussi des colis et des lettres d’encouragement
venant de différents pays, lettres écrites surtout par des enfants, à Noël
et à Nouvel-An. Certes, les difficultés n’ont pas manqué au cours de ces
treize ans, fait-il remarquer, "mais ce fut un temps qui m’a donné l’occasion de prier beaucoup, comme une longue retraite spirituelle".
A propos de la politique actuelle de "renouveau" du gouvernement vietnamien, Mgr Nguyên Van Thuân révèle avoir reçu des informations sur plusieurs
changements réels et concrets. "Par exemple, déclare-t-il, dans la ville de
Da Nang, les Soeurs de Saint Paul de Chartres ont réouvert l’école maternelle, alors que dans la ville de Nha Trang, selon ce que l’évêque lui a
révélé, le gouvernement a confié aux Franciscains une maison de repos et
aux religieuses une léproserie". Toujours à Nha Trang, relève-t-il, 4 religieuses du Coeur Immaculé ont été engagées dans un institut pour enfants
attardés mentaux.
Priorité de l’Eglise au Vietnam...
Même s’il avoue ne pas avoir eu le temps de rencontrer les autres évêques du Vietnam, Mgr Nguyên Van Thuan pense qu’une priorité de l’Eglise au
Vietnam est la formation du personnel, sacerdotal, religieux et laïc. Une
des préoccupations principales de l’Eglise du pays, "est la formation de
prêtres qui soient de bons apôtres. A Hanoï, on pourrait recruter 50, 60
séminaristes, mais il manque les structures adaptées... On manque surtout
de professeurs bien formés, et de livres pour une formation théologique,
biblique, philosophique, solide et profonde", constate-t-il.
Après la récente visite faite au Vietnam d’une délégation épiscopale des
Etats-Unis, les évêques du Vietnam pourront-ils bientôt intensifier leurs
contacts avec d’autres évêques dans le monde? Pour l’instant, conclut Mgr
Nguyên Van Thuân, quelques structures épiscopales, seulement, ont commencé
à établir des contacts. Par exemple, souligne-t-il, la Conférence des
évêques de France a invité l’archevêque de Hô-Chi-Minh-Ville à se rendre à
Paris pour parler à l’Assemblée. Ce dernier a également été invité en janvier dernier à s’exprimer sur l’expérience de vie dans un régime socialiste
devant les délégués de la Fédération des Conférences épiscopales d’Asie,
tenue à Hong-Kong. (apic/fides/pr)